SCÈNE IIL
DON ALPHONSE, INEZ, ELVIRE; les deux enfans d'Inez ^^^\
INEZ
Avancez, mes fils; avancez, venez vous jeter aux pieds de votre aïeul ; venez pour la première fois baiser son auguste main. {Elle se jette avec ses en/ans aux pieds d'Mphonse^ et Ehire se retire.) Voici, p seigneur ! les fils de ton fils qui viennent, avec des larmes de tristesse , te demander que tu aies •pitié d'une mère infortunée. Pleurez , pleurez avec
io4 INEZ DE CASTRO,
moi, malheureux enfans; intercédez pour moi par vos sapglots f par tos sanglots plus expressifs ({ne les paroles , que votre tendre enfance vous refuse ; aV dez à mes lamentations^ à mes prières; implorer mou pardon. Oui, roi clément, voilà la malheureuse mère de tes petits-fils, qui, les tenant embrassés , te supplie de leur conserver une misérable vie : je sais que tu vas ordonner mon supplice. Exempte d'intrigue, victime de l'envie, tremblante, malheureuse, abandonnée, j'aperçois déjà la mort, l'injuste mort que dans leur rage tes^ tyranniques conseillers vont lancer contre moi en trompant la pitié de ton âme. . . • Quelle atrocité L.\ Pour quelles énormes fautes suis-je punie? Aimer ton fils, seigneur , en être aimée , est-ce donc un crime digne de mort? j'implore, j'ose attester ta justice. Ah! consulte ta clémence , consulte ton cœur, qui luimême doit te dire que je ne mérite point le trépas !
DON ALPHONSB.
Lève-toi, infortunée.... ( jài^ec attendrissement. ) 0 nature ! {Il va embrasser ses petits-fils , et s'écrie as^ec affliction : ) 0 rigides devoirs d'un monarque ! Lève-toi, infortunée. {Inez se Zéç'e. ) Origine funeste des cruelles afflictions qui m'accablent, en te voyant je m'irrite,... et je suis ému. Le père veut te pardonner,... le roi ne le peut.
INEZ
Ah ! seigneur, pardonner aux malheureux, c'est le pouvoir le plus doux et le plus auguste des rois ! Oui , suis les impulsion^ de ton cœur ; que la compassioH et la nature triomphent ; tu ne peux pas te repentir