‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 80 sur 292 · ACTE I, SCÈNE III. xS · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III. xS

gnent ppint leur territoire en offrant aux étrangers , un chemin facile. Si l'on voit luire encore, dans le Pérou ^désolé, des jours heureux, et que le ciel satisfait transporte au delà des mers nos nouyeaux Ilotes, presse alors, Oscar, tes pas impatiens; viens voir ton épouse, tes fidèles amis : éloigne pour jamais les cruels souvenirs. Pour moi,. je reste âu milieu des chagrins les plus terribles qu'un cœur puisse supporter.

OSCAR

Vertueuse Sémira, nç m'enlève pas la gloire de t'imiter. Est-ce dans le moment où je vois ton empire envahi,, où ton père est vacillant sur le trône, où toi-mémé tu as besoin du secours de mon bras • qu'on offense l'amour le plus vrai ^ qu'on insulte à l'amitié, qu'on outrage l'honneur, que tu me conseilles enfin une noire lâcheté, que tu me pries d'abandonner à des mains avides tout ce qu'il y a de plus précieux pour moi ? Non , ton amant, saura soutenir avec gloire les droits que lui disputent des mortels téméraires. Chère Sémira, loin de tes yeux Oscar ne vit point.

PALIMA.

Les sublimes vertus qui régnent dans vos coeurs ,

mes chers enfans, viennent ranimer la languissante espérance qui soutient une vie agitée. Le ciel ne peut pas manquer à la loi écrite dans nos coeurs; la vertu sera toujours récompensée, la fraude toujours punie; l'orgueil, l'avidité, seront éternellement des vices. Ne nous jetons pas aveuglément dans les bras de la terreur ; écoutons, sans nous troubler, les accens de ces dieux ou de ces hommes

>Se LA CONQUÊTE DÔ PÉROU,

qui Tiennent nous chercher. S'ils sont fils du soleil, ils n'arrivent pas pour détruire notre empire ni son culte ; si ce ne ,sont que des hommes d'un aspect redoutable, qu'ont enfantés des climats effrayans, et qui savent dompter les lois de la nature, nous verrons si nos armes peuvent les coittbattre. Mais si leur invasion a seulement pour but la pos-^ session d'un métal qu'ils recherchent avec avidité , et que notre sol offre dans son sein fécond sans donner de peine; ne répandant point de sang, écartant de nos yeux l'horrible spectacle de la guerre, achetons dès aujourd'hui la tranquillité et la paix; c'est seulement pour en faire cet emploi que For peut avoir quelque prix à nos yeux, La vie d'un sujet a plus de valeur que ces monceaux de lames brillantes sur lesquelles l'ambition rassasie ses rejgards.

ATABALIPA.

Celte passion qui a inondé la terre de disgracies , se fait sentir dans le cœur de nos hôtes , pour d'autres biensque pour ce métal, dont ils s'emparent avec avidité. A peine étaient-ils débarqués sur nos rivages du sein de. leurs monstres énormes, que craignant leur fui'eur, craignant la dévastation, me rappelant les oracles funestes, voyant partir l'éclair, entendant retentir les grottes caverneuses d'un bruit horrible, que venait d'annoncer cette lumière, pour adoucir leur esprit féroce , je leur fis présent d'une immense quantité de métal , et de fruits représentés par des pierres précieuses. Il y en avait sans doute assez pour rassasier leurs désirs , s'ils se fussent seulement portés vers la possession de ces choses. Je

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