INE?, ELVIRE
INEZ. Elle entre en délire sur la scène.'
Umbre implacable ! spectre effrayant I ne me pour- . suis pas davantage... Constance ^'^ ! je me meurs.
ELYIRE.
Quelle affliction ! quel délire!, .. 0 Dieu! madame.. •
IIÏEZ. Elle s'assied presque défaillante. .
Oîi est-il , où est-il , mon époux ?
ELVIRE
Le prince repose encore , tout est dans le silence. Toi seule te refusant au repos , sans cesse tour-r mentée^ tu erres dans ce palais en poussant des cris. Quelle douleur cruelle te de'chire le cœur? quelles visions nées du sommeil peuvent t'inquiëter ainsi?
t "' INEZ.
. liC ciel et la terre conspirent contre Inez , (elle
se lèi^ ) et jttôqn aux morts s'élèvent des tombeaux pour me flageller. De noirs fantômes s'agitent continuellement devant moi. Quelle horreur!.,. Maintenant même , Elvire , mon esprit me fait entrevoir encore ces spectres effrayans qui , tournant autour de mon lit, m'ont épouvantée. Je vois Constance sortir du sépulcre , elle marche vers moi embrasée de fureur... Les éclairs brillent! la terre tremble , et voilà que , sortis des abîmes , les ministres impies d'une vengeance féroce viennent me plonger dans le cœur leurs fers acérés; dans mon .agonie j'invoque eu vain mou époux : son nom chéri , proféré par ma bouche , aigrit les fureurs de Constance qui me précipite dans la demeure des morts. 0 funestes conséquences du crime! Malheureux mortels !
ELVIRE
Et un songe peut... ?
Ce n'est point un songe , Elvire , ce sont des remords ^^\
ELVIRE
Doivent-ils encore te tourmenter? l'hymen n'at-il pas suffi pour. les étouffer. Ah! si, avant que d'être environnée de ses liens, tu as succonibé à l'aveugle passion de l'amour, tu as aussi «suffisamment expié cette faute, la plus excusable de toutes ^^K
INEZ
Une âme comme la mienne ne pense jamais avoir assez expié ses fautes : les liens sacrés de l'hyménée Ottt heureusement rendu mon amour légitime.