‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 10 sur 310 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Le théâtre représente une grande plaine dont l'horizon est borné par des bois et des rochers ; a droite , vers le fond , au milieu d'un groupe d'arbres très-touffus , on aperçoit un temple ouvert , orné de colonnes grossièrement travaillées et sans art; et un peu plus Sur le devant , mais toujours à droite, neuf pierres taillées en sièges , et placées en demi-cercle : le siège du milieu , qui est celui d'Odin , est plus élevé que les autres , et représente son trône ; un vieil arbre l'ombrage de ses rameaux. Le glaive de Brage (9 , dieu des sciences , est suspendu au tronc de cet arbre , de manière à être facilement aperçu. Derrière les sièges s'élèvent d'autres arbres auxquels sont suspendus les lances et les boucliers des capitaines Scythes assis au lever du rideau , et qui vont les reprendre a la fin du conseil. A gauche, vers le fond, groupes détentes; Scythes armés ; chars de guerre , etc.

ODIN, CONSEIL SCYTHE assis.

ODIN

jInfans célèbres des contrées illustrées par le courage de nos pères, qui possédez leur héritage et pratiquez leurs vertus , montrez-vous aujourd'hui dignes d'une race dont la renommée et les exploits

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se sont étendus jusqu'aux extrémités de l'Asie. Un peuple, objet à la fois de terreur et d'envie, dont U pouvoir s'est établi par le fer et le pillage , quittant les bords du Tibre, se dirige aujourd'hui vers la Scythie , pour lui imposer des chaînes. La Grèce sous le joug , l'Asie désunie, ravagée, ne satisfont point encore l'orgueil de Rome. Avide de nouveaux lauriers, Rome a jeté un regard de courroux vers le trône d'Odin ; mais qu elle n'emporte de ces campagnes que les cicatrices de nos armes , le souvenir de notre gloire , et la crainte d'un peuple dont elle ne connaissait pas encore la valeur. C'est à la tête d'une armée enivrée de ses rapides conquêtes et de ses nombreux succès que Pompée , notre ancien ami , Pompée!... quelle perfidie! s'avance aujourd'hui avec orgueil pour troubler un pays dont le seul rempart est le courage de ses habitans. L'Egypte, au lieu de la protection qu'il lui avait promise, n'en a' reçu que des fers ; et les légions romaines ont quitté les riches bords du Nil, asservis et tributaires depuis la mort de Ptolomée. Elles volent sur les ailes de la vengeance, avec la rapidité de l'éclair, pour accabler Mithridate déjà vaincu , et pour souiller son trône des dernières gouttes de son sang; mais c'est peu de se venger : Pompée prétend soumettre par la victoire tout peuple libre et heureux, des rivages du Nil jusqu'à nous. Il veut subjuguer toutes les nations où son nom est encore inconnu.

SIGURD

Qu'il porte son nom redouté jusqu'aux extrémités de la terre ! Mais, Odin, Pompée eût-il encore

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