ACTE I, SCÈNE IV. i3î
semblable à une divinité , sortir d'un nuage de poussière, et guidée par la terreur, défendre sa vie avec des forces affaiblies, embrasser mes genoux f invoquer mon humanité ! Non , ce souvenir nie glace encore d'effroi, et me reproche avec justice ma cruauté, Virginie ! c'est moi que tu as cherché dans le danger ; tu as cru que j étais encore tel qu'autrefois ; tu ne sais point combien Appius est changé. Affreuse ambition, que de crimes tu fais commettre ! Mais il est temps encore de revenir à la vertu. Oui , je redeviendrai ce quêtait Appius lorsqu'il mît son premier hommage aux pieds de Virginie , ce qu'il serait encore pour la gloire de Rome, et pour la sienne , sans la haine de Virginie et les conseils d amis cruels. Mon cœur brûlait pour la vertu comme pour Virginie ; en fuyant ses regards, je devins cruel , tyran. Qui me rendra ce temps qui n'est plus ? Virginie ! es^tu encore la même pour Appius ? Si ton cœur.,, si un nouveau choix,,. Le sort serait juste ; jTai mérité mes tourmens.
CLAUDICS, «veciromt-.
Allez donc toucher son père par les larmes du repentir ; tombez aux pieds du plébéien pour 1 apatser ; avilissez Rome et vous-même, et que Sicini us triomphe.
(I1inrt.J
i36 VIRGINIE,