ACTE I, SCÈNE VI. i
soi as plus ituportans qui vous occupent. Ma reconnaissance... ma douleur, le demandent ; je sais ce que je vous dois , et ce que votre générosité' souffre d'entendre. Ce que vous avez fait, on devait l'attendre d'Àppius ; un sexe faible a toujours des droits à sa protection. Quand saisie d'effroi, fuyant la maison d'un père , des murs embrasés , un peuple irrité dont les menaces augmentaient sa terreur et son danger, Virginie s est présentée devant vous et a réclamé votre appui , si vous avez daigné lui accorder un asile dans votre palais , elle n a dû ce bienfait qu'à la pitié que vous eût inspiré tonte autre infortunée aussi à plaindre; je n'ai point l'orgueil de l'attribuer au souvenir d'un temps,.,, oublié ; mon cœur ne sait point cacher la douleur qui l'oppresse* Rome ne compte plus mon père au nombre de vos amis, et le peuple, qui voit avec dépit sa noble Oerté, a cherché à vous venger sur son humble demeure. Fasse le ciel qu'on ne tire point de cet événement des conséquences fâcheuses pour votre gloire ! Je ne me plaindrai point de vous; mon âme est trop fière, je suis trop reconnaissante; je sais distinguer la vengeance d'une âme élevée de la malveillance d'une lâche et vile multitude : je ne vous soupçonne pas d'avoir donné un secret assentiment à ses fureurs. Le respect, l'asile que vous accordez à un sang ennemi , me prouvent assez la générosité d'Àppius ; mais dans les profonds ennuis qui accablent mon âme, j'ai besoin d'une main qui essuie mes larmes , d'un protecteur, et ce titre ne peut appartenir qu a un père, Virgin ius a quitté Rome, le camp n'est pas loin. Oubliez, seigneur,
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votre inimitié ; rendez-moi mon père et le repos , et lorsque vous avez sauvé mes jours, ne soyez pas grand à demi.
Je mets ma gloire à vous rendre la tranquillité; vos prières sont des lois pour moi , il m'est doux de les avoir prévenues. Virginius a reçu Tordre de revenir à Rome, et vous allez le revoir.
VIRGINIE
Votre magnanimité...
Ce n'est point dans votre bouche, Virginie, que oe nom donné à mes services peut me flatter. En vous trompant d'une manière aussi cruelle sur le sentiment qui m'a fait agir, vous donnez peut-être à Appius le droit de se plaindre. Il n'a pas suivi pour vous l'impulsion d'une pitié ordinaire ; il n'est point né, Virginie , pour être aussi coupable envers vos attraits et vos vertus. Mais s'il a eu des droits, il les réclame ; il dépend de vous seule de faire renaître un temps... qui fut trop fugitif.
VIRGINIE
Si vos bienfaits, seigneur, m'inspiraient moins de reconnaissance , je pourrais peut-être m offenser de ce discours. Mais je connais les devoirs que le respect exige ; permettez donc à Virginie de laisser sans réponse ce qu'elle ne doit point comprendre.
( Elle veut sortir. ) APPIUS, retenant Virginie.
Non , quand Appius devrait s'exposer à plus de