‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 110 sur 310 · VIRGINIE, JULIE , APPIUS · texte numérisé non relu

VIRGINIE, JULIE , APPIUS

Les soins que j'ai mis à vous venger ont réussi ; on a découvert les instigateurs des violences qui se sont commises. Ils attendent leur arrêt dans les fers; le secret de ce crime peut être pénétré par votre père; ils lui seront livrés. Mais Rome ne fait pas assez en le vengeant ; elle lui doit un dédommagement de ses pertes. Je connais les sentimens de Virginius,

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et j'ai dû prévoir qu'il ne recevrait rien d'une main privée ; mais lorsqu'une indemnité lui est offerte par Rome , il peut s'en honorer ; ce n'est plus qu'un hommage rendu par la patrie à sa valeur , à ses services , à sa vertu. Une habitation digne de lui, de sa fille peut-être , lui est offerte , et s'apprête pour le recevoir ; il n'y manque plus que Virginie pour en compléter l'ornement. Jusque-là , commandez dans ce palais ; il sera un temple sacré où nul n'osera troubler votre repos : c'est à vos pieds que mon cœur jure à vos vertus le respect qu'exige votre malheur; et Appius , dès l'instant où sa vue vous blessera , ne sera plus assez téméraire pour troubler votre solitude.

VIRGINIE

Je vous écoute avec reconnaissance et sans étonnement ; on ne devait pas attendre moins de grandeur d'âme de la part d' Appius. Mais si une fille ose vous parler au nom de son père , souffrez qu'elle vous invite à ne pas multiplier des faveurs qu'il ne saurait accepter ; il refusera de vous devoir autre chose que les jours de Virginie. Pardonnez si je partage ses sentimens , et vous demande la seule grâce qui vous reste à m'accorder , celle de m'oublier , et de me laisser fuir ce palais où je ne puis rester plus long-temps sans crime.

Mon cœur déchiré t'a comprise , ingrate , digne d'un père dont la haine pour moi ne peut s'éteindre; tu* ne t* bornes point à lui ressembler , tu veux le surpasser ; je ne t'ai donc accordé un asile en ces

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