‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 115 sur 310 · ACTE II, SCÈNE IV. i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV. i

avant peu cette accusation ne sera regardée que comme une faille inventée par la calomnie. Que vos soins se tournent vers de plus hautes pensées....

Dieux de Rome qui voyez mon crime et ma douleur, vous savez si mon cœiy* a consenti à cette trahison! Mais au milieu de cette mer d'amertume/ d'où vient ce rayon d'espérance qui frappe mes sens? Peut-être qu'un jour le repentir adoucira dans son cœur l'amer souvenir du passé ; peut-être que l'éclat de la vertu me rendra mes droits sur mon amante. Non, Claudius, je n'ai point versé le sang qui a coulé; mais qui sait si un destin secret n'a pas voulu ramener par cette route les jours où la main de Virginie était le seul objet de mon ambition? Cours, Appius, te jeter à ses pieds; cours expier tes menaces criminelles; essayons sur son âme le pouvoir de la tendresse. .. Quels sentimens s'agitent et se combattent dans mon cœur! Je suis indigne d'elle, et ne peux l'oublier; mille tourmens divers me déchirent... ( A Claudius. ) Et toi, qui vois ton ami éprouver ces combats, et n'être plus maître de luimême, pardonne au délire de sa passion, et veille pour lui.

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