‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 118 sur 310 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

VIRGINIE

Achève de t emparer d'un esprit séduit ; déchire ce cœur, et vois-y ton image. Je combats en vain les sentimens que j'éprouve : sois satisfait , tu as triomphé de ma fierté*... et de mes devoirs,

0 moment fortuné ! moment que tout mon sang ne saurait payer ! Virginie ne hait point Appius ! elle l'aime encore ! Ah ! j'étais un criminel condamné à la mort , tu lui fais grâce , tu lui rends la vie ; un instant a changé toute mon existence.

VIRGINIE

Non , Appius , rien n'est changé ; les lois du devoir sont immuables ; et au moment même où je les enfreins elles me font entendre leur voix inexorable. Jusqu'à ce que tu aies accordé dans mon cœur ta puissance avec elles, je ne suis encore pour toi , quelque espoir que ma faiblesse ait pu te donner, je ne suis que la fille de Virginius et la veuve de Sicinius : l'oppresseur de mon père, de ma patrie , ne deviendra jamais , j'en jure au nom de Rome , le maître de ma main.

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