‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 121 sur 310 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

VIRGINIE, JULIE, VIRGINIUS, dans le fond du théâtre.

Quelle douleur profonde est peinte sur son front !

JULIE

Il ne s'avance point vers nous.... le désespoir semble l'arrêter.

VIRGINIE courant vers ton père qui semble vouloir m retirer.

Il nous voit et s'éloigne... Vous me fuyez, mon père ?

VIRGINIDS:

Je cherche le tyran qui m'a offensé. Il ne pa-

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raît point ; laissez-moi partir, je n'ai rien à demander ici.

VIRGINIE

Quelles paroles ! quel regard ! Mon père , au' nom des dieux , qu'a fait votre fille pour être ainsi repoussée ? Votre vue vous tromperait-elle? ne me reconnaissez-vous plus ? Ah ! je n'ai point éprouvé assez de tourment , celui-ci me manquait encore.

VIRGINIUS

Ma fille n'eût point, oublié ses devoirs ni ce qu'elle est. Virginie déteste ces lieux et ne peut y être ; ejle n'a point mendié la protection de mon persécuteur ; non , non , elle ne se cache pas dans le palais d'Àppius : on la trouverait plutôUsous les débris de ma demeure.

Je vois le sujet de vos plaintes. La protection d'un. ennemi a sauvé les jours de votre fille. J'ai cru que mon devoir, mon zèle pour vous, pour l'état , ne demandaient pas ma mort pour justifier votre haine ; que mon sang , quelque gloire qu'il trouve à être le vôtre , m'appartenait aussi , et que je devais l'épargner. Vengez-vous de ce cœur assez peu romain pour n'avoir pas su mourir sans se plaindre. J'ai fait plus : oui , il est vrai , mon père , j'ai cherché un défenseur aux pieds d'Appius; oui, j'ai conjuré sa vertu, son humanité, son honneur, de sauver une vie que je croyais nécessaire à votre félicité. Pardonnez mon erreur, je ne savais pas combien cette consolation était au-dessous de votre courage, et le. peu de recon-

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