‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 13 sur 310 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ODIN , le Conseil scythe, MILON , Garde romaine.

MILON

Peuples ignorés de ces contrées sauvages, qui n'avez pour remparts que vos montagnes, pour vous nourrir que vos forêts; je viens au nom d'une nation redoutée , grande, illustre par l'éclat de ses victoires et par huit siècles de travaux,, vous déclarer qu'à compter de ce jour elle veut être obéie dans vos tentes. Soutenu par vingt légions , Pompée, qui dompte les peuples barbares , élève et renverse les trônes , qui veut porter son glaive victorieux dans tous les pays éclairés par le soleil , Pompée vous parle par ma voix ; il pense que son nom n'est point encore oublié parmi vous. Trois anmées sont à peine écoulées depuis que , pour la première fois, il vint au milieu de vous; alors votre pays trouva en lui un protecteur, et apprit à connaître ce qu'il peut comme ami ou comme ennemi : il se rappelle vos vertus, et rend justice à l'élévation de vos sentimens, à votre amour pour le sol oii reposent les cendres de vos aïeux, et où règne encore l'antique simplicité de leurs mœurs; il sait combien votre vie est sobre , que la terçe chez vous e#t le lit où vous vous reposez , et que vous n'avez pour tout

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trésor que des arcs , des armes , des fruits et des troupeaux ; il honore votre mépris pour la mollesse des peuples de l'Orient , qui , soumis à des despotes , sont lâches dans les champs de l'honneur, et ne servent qu'à augmenter le faste de leurs rois ; mais il présume que vous ne serez pas assez téméraires pour oser résister à Rome , à sa gloire , à sa puissance. Si les bienfaits font impression sur vos cœurs, vous n'aurez pas oublié , guerriers , ceux qu'il a répandus sur vous. Ne sont- ce point ses lauriers qui ont protégé la Scythie et ses troupeaux , lorsque l'Asie étincelante de l'éclat des armes, inondait vos contrées de ses armées fugitives ? Pompée vous a défendus contre le pillage des Par thés, les artifices de M ithridate , la trahison de Tigrane ; il a éloigné de vous les horreurs de la guerre ; c'est encore comme ami que Pompée s est approché de vos contrées. Que ses bienfaits soient sa seule arme contre vous , et ne rompez pas avec violence l'olivier de paix qu'il vous présente : c'est au nom de Rome et de ses victoires qu'il vous demande aujourd'hui l'obéissance due au succès de ses armes , et que tous les peuples connus de la terre ont jurée aux drapeaux latins. Réfléchissez à votre réponse , et craignez que l'épée , tirée autrefois pour votre défense , ne sorte plus du fourreau que pour consommer votre ruine : donnez volontairement à sa puissance , ce que la guerre et un sang inutilement versé vous arracheraient, et jurez à ses pieds soumission à Rome , et à celui qu'elle a nommé pour vous gouverner. Pompée , vous le savez , est habitué à se voir obéi ; choisissez donc entre la pra-

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