‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 14 sur 310 · ACTE I, SCÈNE III. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III. i

tection de Rome et tout le sang qu'un refus de votre part fera répandre.

ODIN

Je ne sais ce qui de ton orgueil ou de ta mission doit le plus erciter mon ressentiment. Tu demandes la parole de ces guerriers pour te présenter devant eux , et tu es assez téméraire pour chercher à les effrayer par des menaces ? Il faut, envoyé de Rome, que tu comptes bien sur notre exactitude à garder nos promesses , pour oser tenir au milieu de notre armée, et devant un peuple valeureux, un discours tel que celui que nous venons d'entendre. Nous n'avons point recherché la protection que Pompée dit nous avoir accordée ; nous savons y. au besoin , nous défendre nous-mêmes. Reçu comme un hôte dans nos tentes , il n'a jamais été pour nous un protecteur. Il pouvait nous épargner ses menaces comme son appui : lorsqu'il s'agit pour le Scythe de conserver sa liberté, la vie , la mort lui deviennent indifférentes. Nous attachons peu de prix à une vaine gloire ; les éloges de Pompée ne peuvent nous séduire ; et s'il connaît noa mœurs , il doit connaître notre mépris pour la violence et pour la perfidie. La haine des crimes qui abaissent l'homme , et surtout le héros, est peut-être plus forte chez nous que chez ceux qui mettent leur gloire à bouleverser le montre, et se flattent de ne trouver ici qu'un peuple de barbares. Nous ne reprochons pas à Pompée les guerres qu'il a entreprises , le succès les a justifiées ; mais l'ancien ami des Scythes devait-il reparaître au milieu d'eux , comme leur tyran ? Veut-il , qu'environnés

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des tombes de nos ancêtres, nous sourions à son joug , et que nous lui disions : « Impose-le nous. » Mais tu demandes une réponse. Va dans nos plaines, compte les glaives déjà tirés , les arcs déjà tendus , *X voilà notre réponse , et Rome la comprendra. Dis-

lui qu'elle s'est trop pressée, peut-être , de disposer d'un pays où Odin donne des lois , d'un trône dé- • fendu par des Scythes; lorsque la fuite de nos femmes, l'embrasement de nos tentes annonceront la fin de ma puissance , et la mort des miens , alors le vainqueur pourra commander ici : jusque-là les Scythes n'obéiront qu'à mou

MILON

Tu apprendras bientôt de Pompée lui-même à fléchir sous son pouvoir , et tu te repentiras d'avoir cédé à l'orgueil qui te fait refuser son amitié. Poursuis.... Mais songe avec effroi que tu répondras de la ruine de la Scythie et du sang de tes guerriers.

( Il tort. )

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