SCÈNE II
ÀPPIUS, CLAUDIUS, StCINIUS.
Arrête , barbare I et vois avec confusion le mortel qui se présente devant toi- Voici l'ennemi à qui tu as dressé les pièges les plus noirs qui aient encore signalé ta puissance; voici le rival détesté que tu voulais priver d'une épouse et de la vie. Exécute mieux désormais les f#faits que tu méditeras. Sicinius vit encore , et vU pour se venger. Oui, si ce n'est point une vaine chimère qu'au-dessus de ces nuages habite une puissance invisible qui porte un foudre vengeur; si jamais il a été lancé contre un traître; si Rome a le courage de ne passe bornera maudire en secret ta violence, ta perfidie , sa honte et ses chaînes; alors, tyran, tremble; ton heure
ACTE IV, SCÈNE III. 181 est venue. Ma vengeance a déjà commencé : tes complots sont connus; la prison de Virginius «st ouverte ; il ne reste plus que sa fille à arracher à ton pouvoir. Elle fut l'objet de ton mépris , Rome sait avec quelle cruauté perfide tu l'abandonnas. Maintenant quelle appartient à un autre, tu veux la lui ravir, et tu l'aimes lorsque l'amour devient un crime! Mais elle me suivra, elle quittera ce palais; tel est le devoir qui m'a fait pénétrer ici
Hâte-toi, tyran, de me rendre mon épouse,
APPIBS.
Elle ne lest point encore ; et, malgré ta fureur, elle ne le sera pas tant que je vivrai : voilà ma réponse. Mais toi , qui oses porter la témérité à cet excès, as-tu oublié ta violence et ton crime envers l'état et les lois qui te condamneront aujourd'hui? Je sors pour te faire sentir dans peu lequel de nous deux sera le plus tôt atteint par la foudre vengeresse. Arrache en attendant, si tu le peux, du milieu de mes gardes, celle que tu nommes ton épouse.