ACTE IV, SCÈNE VII. i
Traître! ta vengeance manquera ici son but. Virginie ne partagera point avec toi la honte de ta fuite. Elle appartient à l'état ; tu n'as point le droit de forcer son choix, de sacrifier ses jours. Jusqu'à ce que la loi ait parlé , elle sera défendue contre les violences d'un père, et restera sous ma protection.
VIRGINIE
Sous ta protection?... et tu ne rougis point!... ta protection! j'y ai eu recours une fois... et c'est une prison, tyran, où au mépris des lois on me retient captive ; partout tes gardes m'ont fermé le passage. Qui t'a donné le droit d'enchaîner, de méconnaître l'autorité d'un père qui veut briser mes chaînes? n'ai-je pas Celui de consacrer mes jours à l'auteur de ma vie? où trouvera-t-on un peuple assez féroce pour oser me défendre de partager sa fuite et ses malheurs? et toi qui les causes, me crois-tu assez criminelle pour abandonner un père au déclin de ses jours , et assez vile pour retirer le don de ma main au moment où l'injustice poursuit un ami? Va , la fuite qui metra une éternelle barrière entre ce cœur et tes crimes , qui me conduira dans les déserts, loin de ta vue, est la plus grande faveur que je puisse demander aux dieux. Tu connais ma pensée, mon choix, barbare!... Conduisez-moi mon père,... voici ma main!