‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 145 sur 310 · VIRG1MUS · texte numérisé non relu

VIRG1MUS

Tyran!... j'ai doncdans mon affliction le plaisir de le laisser avec le poignard dans le cœur!

Théâtre Suédois. l3

i94 VIRGINIE,

Tremble de faire un pas, il pourrait t'être funeste... «Virginie, ta résolution est prise; entends la mienne : ne pense pas que tu puisses quitter , ni Rome, ni moi, ni ces murs. Mon bras à défaut des lois saura t'en empêcher. Si ton père test cher, prends soin de ses jours; il ne portera plus dans les cachots des chaînes forgées un jour, et rompues le lendemain , mais au moindre pas que tu feras pour le suivre , le poignard l'arrêtera pour jamais.

VIRGINIE

Dieux ! . . . Monstre féroce !

Il est vrai , je le suis enfin devenu. Tu n'as plus qu'à choisir.

VIRGINIUS

Penses-tu, scélérat, qu'il n'existe plus de puissance capable de punir un monstre tel que toi? Mon bras désarmé ne doit pas t'inspirer de crainte ; mais Rome a encore des armes et des enfans pour les porter. Parcourant tous les pays soumis à Rome, dans les foyers, sur les places publiques, partout ma voix invoquera les droits paternels foulés aux pieds; et si la tyrannie n'a pas étouffé tout sentiment de liberté, malheur à toi lorsque je reparaîtrai dans ces lieux.

(Il sort.)

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