‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 152 sur 310 · VIRGINIE, JULIE · texte numérisé non relu

VIRGINIE, JULIE

VIRGINIE

Virginie n'est plus libre ! elle est condamnée a l'esclavage! quels coups inattendus m'ont accablée ! et par qui me vois-je abaissée au-dessous de tout ce que Rome a de plus vil ! Je suis abreuvée d'ignominie, et je respire encore! Tyran! tu as ouvert ie tombeau sous mes pas ; mon crime le méritait. Tu étais limé, barbare! était-ce à ta main de déchirer

ao4 VIRGINIE,

mon cœur? Le mépris de Rome et dé la postérité pèsera sur ma cendre. ( A Julie. ) 0 toi qui peux à peine soupçonner la profondeur de ma blessure, mes tourmens et ces larmes ne peuvent te rendre ce que j'éprouve : le désespoir ne t'a point encore fait répandre de pleurs; on Me t'a pas imposé le joug de l'esclavage, disputé ta naissance, ta liberté , ton honneur ; on ne t'a point séparée de tout ce qui pouvait diminuer l'amertume de ton sort. Et ton persécuteur,. .. tu ne l'as point aimé!... Il ne fut pas.... pour ta honte, pour la douleur d'un père,.... et malgré tes devoirs, l'idole de ton cœur.

JULIE

Ce malheur manquait à tous ceux qui, en un jour, vous ont accablée dans ce palais.

VIRGINIE

Et cependant tu me conseillais d'y rester ! Insensée ! vois-tu ton ouvrage ? tu flattais mon amour.

JULIE

Votre père, soyez-en sûre, vous vengera. Son âge, son nom, sa vertu....

( Virginiof paraît dans le fond du théâtre; ses gestes expriment le plus violent désespoir. )

VIRGINIE, l'aperce vsnt.

Mon père!

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