VIRGINIE, VIRGINIUS, JULIE
Y I R GINIUS tourné vert 1« fond de la scène.
Je succombe, mon bras a trahi mon courage; barbares! et vous prêtez votre appui à un tyran!
VIRGINIE
0 dieux !
VIRGINIUS, a ta fille
Connais le comble de la bassesse et du crime ; on m'a empêché de porter mes pas hors de cç palais ; une troupe cruelle m'en a fermé Fissue. Mon cœur est oppressé et dévoré d'une fureur impuissante. J'ai essayé de me servir de mon épée , on m'a désarmé; et tandis qu'on t'opprime, ton père est ici prisonnier.
VIRGINIE
Tu n'as donc plus, tyran, d'autres crimes à commettre ! Pour mieux nous assassiner, tu nous enchaînes ensemble; tu nous déchires et tu étouffes nos cris!
VIRGINIUS
Le perfide! il avait besoin d'agir ainsi. C'est la voix de ton père que Rome ne devait point entendre* Il redoutait Virginius, parlant au nom de l'honneur, et pour les droits de son sang.
VIRGINIE
Sois à jamais gouvernée par des tyrans, Rome sans courage!
*o6 VIRGINIE,
V1RGLNJUS.
Ma tille !
VIRGINIE
Avez-vaus encore une fille, mon père?
VIRGIïUUS»
Non, je ne puis supporter cet assemblage d'horreurs. Le fardeau des ans et des chagrins m accable , je sens plier sous leur poids mon existence futiguée, et, pour la première fois, les forces manquent à ma vertu; mon sang se glace, ma pensée est sombre et mon cœur sans courage, 0 toi! qui faisais ma consolation et ma gloire, doîs-je descendre dans la tombe, te laissant avilie?
VJRGlflJE,
S'il y avait encore une foudre pour anéantir un barbare 1*-- ( Elle court précipitamment vers Ftrginiits, et embrasse ses gertoujc. ) Le voici; il vient..*. Sauvez-moi, défendez-moi, mon père.