‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 183 sur 310 · ACTE Ii; SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE Ii; SCÈNE V

-contre lequel notre vengeance s'est armée. On n'aurait jamais recherché cette paix, si, en poursuivant ta victoire , tu eusses atteint notre but et rempli l'espoir de tes conoitoyens. La victime qu'ils demandaient leur est enlevée, et leur vengeance trompée s'est tournée contre Sune. Cette cour de

justice qui est' assemblée ah! puis-je me flatter

qu'on ne veuille pas y consommer ta perte ? C'est en tremblant que j'entendrai la voix de Fale Bure prononcer la décision du peuple. La même manière de voir était le garant de notre amitié... . il t'aime, mai» il n'a point mon cœur< Devant ce juge toute faiblesse devient un crime ; il ne souffre point qu'on s'écarte de cette vertu sévère dont il suit tous les préceptes. Les nœuds du sang et de l'amitié n'ont jamais eu d'empire sur son dévouement pour le roi et pour la patrie. Je crains tout pour toi; il soupçonne ta fidélité. Les services que ta as rendus devraient te protéger; mais Sune, tu es faible, tu aimes.... de quels crimes ne puis-je point te croire capable ?

SUNEJARL.

Mon père ! j'ai fait taire la voix de mon amour ; j'ai cherché à en éloigner l'objet, tu le sais; mais mon innocence ne veut que toi pour témoin. Il n'appartient point à d'autres de lire dans mon cœur: qu'ils me condamnent.... On veut me trouver criminel, je le deviendrai. ...

FOLKE JABL.

Quel est ton dessein , mon fils ; et qu'espères-tu en prenant conseil de ton désespoir? Dans la faveur

Théâtre Suédois. jn

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ou la disgrâce , ton devoir est toujours le même :

tu dois servir ton roi.

SUNEJARL

Eh quoi ! je dois servir celui qui soupçonne mon honneur, au lieu de me protéger contre les traits de l'envie et de la calomnie ?

FOLKE JARL.

Tu as fait peu de progrès dans la carrière des héros. C'est lorsque l'injustice s'exerce sur eux que leur vertu et leur force se montrent avec le plus d'éclat : ils ne cherchent point à inspirer de la re^ connaissance, ils ne songent qu'à remplir leur devoir et à se sacrifier pour lui. Désunis, nous ne pourrons bientôt plus tenter d'affermir le trône d'Éric par la voie des armes. Il ne te reste donc plus rien à faire pour le bien public , que de cherchera conclure cette paix qu'on te reproche ; le jour viendra où Ton reconnaîtra tes services.

SUNE JARL

Je ne puis m'égarer, mon père , en suivant tes conseils. Mon cœur est blessé par mon roi, par ma patrie; je ne ferai plus rien pour eux, mais tout pour la vertu de Folke. Mes troupes n'ont point encore quitté leurs armes ; elles seraient prêtes à me venger : cependant on me brave , on m'outrage : eh bien ! je renonce à l'appui qui m'est offert; je te sacrifie mon amour et ma vengeance. J'amènerai Sverker à condescendre à tes désirs ; mon épée deviendra redoutable pour lui s'il repousse mes vœux. Je verrai son envoyé, dût-on me l'imputer

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