‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 187 sur 310 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

SVERKER, HÉLÈNE.

HÉLÈNE

Mon père ! ah ! pressez-moi dans vos bras ; que la fille de Sverker...

SVERKER.

Dis-moi d'abord si tu mérites ce nom. Tu Tas porté avec courage dans l'adversité ; le bonheur l'at-il effacé de ton souvenir?

HÉLÈNE

Si la renommée ta dit les propositions d'Éric, le sang dont je sors a dû ^instruire de ma réponse. Ce sont les droits de ce sang qu'il m'appartiendrait de défendre , si tu pouvais avoir la faiblesse de les oublier.

SVERKER.

Viens dans mes bras, ma fille.... L'honneur n'a jamais choisi une voix plus animée pour rendre le courage à mon cœur. Tu épargneras à ton vieux père la honte de signer lui-même sa renonciation à la couronne ; tu ne monteras pas sur le trône de Suède avec d'autres droits que les tiens... Mais; où

264 SUNE JARL

est Sune Jarl? j'ai enfin atteint mon but , celui de me servir de son amour pour effectuer ma vengeance. Il t'aime?

hélêns.

Quelle vengeance peûx-tu attendre de son bras ? le devoir lui prescrit de rompre tous nos liens.

SVERKER.

Tu ne connais pas ton empire sur son cœur ; il ne le connaît pas lui-même, et met en balance son amour avec la fidélité' que le fils de Folke doit à la race d'Éric... J ai besoin de toute mon adresse pour hâter sa résolution; il a aussi des devoirs à remplir envers Sverker ; il les a connus autrefois , il faut les lui rappeler. S'il m'abandonne , ma chute l'écrasera. .. Ce ne sera pas en vain que la fierté de ton père aura consenti à s'humilier jusqu'à venir, sous le déguisement d'un simple envoyé, devant un trône d'où il devrait donner des lois. Si Sune est mon ami, ainsi qu'il l'a déclaré, et si cependant il refuse de servir ma vengeance, il y sera forcé par ceux mêmes qu'il me préfère. Quel esprit et quel fièla pour moi Gunnar a su inspirer à la troupe de Sune ! On croit que Sune Jarl trame une conspiration; et bientôt ceux auxquels il a juré obéissance et- fidélité deviendront ses accusateurs. Condamné par eux, il ne sauvera sa vie qu'avec peine : mal avec son parti, haï de ses troupes, poursuivi par ses ennemis et sacrifié par ses amis, le dépit, la colère lui feront embrasser ma cause , seconder mes desseins, et il s'estimera heureux de pouvoir se jeter dans mes bras.

Page 1