‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 208 sur 310 · ACTE IV, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VIL

SUNB JARL.

Quel nom ! Quelle voix enchanteresse s'est fait entendre ?

HÉLÈNE, daiw le fond du théâtre, a Cààlc.

Quelle solitude!... chère amie, n'est-ce point en ces lieux que j'ai vu la colère de mon cruel amant?

CÉCILE

Il s'avance.

HÉLÈNE

Que vois-je !

S UNE JARL, rencontrant Hélène dans le fond du thetlre.

0 ciel ! est-ce dans les terreurs qu'inspirent les ombres de la nuit que je dois te revoir, Hélène? Je puis donc avant de mourir te donner le nom d'où dépend toute ma félicité! Hélène! Mon épouse!... le serment qui nous lie est sacré; ton cœur ne peut plus m 'être disputé par aucune puissance de la terre. Hélène ! chère épouse !

HÉLÈNE

Où nous retrouvons-nous? à la lueur des flambeaux; parmi des glaives étincelans. La voix de l'amour peut-elle ici se faire entendre? À quoi nous servent nos sermens ? Les instans que je passe près de toi augmentent tes forfaits.... Ah ! conduis-moi vers mon père : j'ai entendu sa voix.

SVERKER, aGunnar.

Elle m'ôte tout espoir d'armer le bras de Sune.

GUNNAR, àSrtrker.

Il faut te soumettre à la nécessité. Qu'importe le

288 SUNEJARI,,

serment qu'il t'a demandé ? Hélène -est prête à suivre tes pas ; Sune sera de nouveau en ton pouvoir.

SVERKBR.

Remplissons donc mes destinées.

HELENE, à Sune Jatl qui s'avance vers elle.

Que mes larmes te touchent.

SUNE JARL

Ah! va rejoindre ton père; je ne dois point m'y opposer ; mais que ta voix si tendre lui persuade de consentir à la paix avec la maison d'Éric. Cette paix seule peut nous réconcilier; tu ne peux pas vouloir que j'augmente le nombre de mes crimes.

HÉLÈNE, tombant aux pieds de Svexker.

Mon père! tu vois ta fille à tes genoux. Tu as tout fait pour elle, elle ne te demande plus rien que de partager avec toi une retraite cachée et solitaire. Ta fille, ton gendre t'y suivront, consens à la paix avec Éric... Voudrais-tu que Sune ne vît son épouse qu'avec horreur? fais qu'il puisse m'aimer sans crime , te respecter comme un père et veiller à ton bonheur. Oublie de vains droits, et content de notre amour...

SVERKER.

Lève-toi; les gardes d'Éric pourraient s'apercevoir de ta fuite. Prends ma main, Sune, et avec elle, reçois le serment que tu me forces de faire. Je suis prêt à conclure la paix avec Éric aussitôt que tu auras conduit ma fille dans mon camp. {A part.) Je viens de jurer ma mort.

Page 1