SCÈNE PREMIÈRE
Même décoration que dans l'acte précédent.
ÉRIC, FOLKE JARL.
FOLKE JARL.
Prince! où portes-tu tes pas? c'est en vain que tu prétends calmer une multitude irritée... . Ah ! laissela éteindre sa colère dans lie sang de mon fils.
ÉRIC, i ses gardes.
Allez , qu'on rende à Sune la liberté... Défendezle contre le peuple , et conduisez-le en ma présence* Son roi prononcera sur son sort. ( A Folke Jarl. ) Il s'est rendu coupable envers moi; mais, Folke, puis-je oublier que Sune est ton fils, et que son bras a affermi mon trône ?
FOLKE JARL.
Tu es plus grand que ses crimes. Il a trahi tous ses devoirs...
ÉRIC
Je dois me rappeler ses services. Faut-il qu'en punissant le crime , je reste insensible pour la vertu ?
*9{ SUNE JARL
Ne parlons plus de vengeance. Cette nuit peut-être me verra précipiter du trône où la seule force ma rétabli. Nous pouvons craindre à chaque instant que Sverker ne donne l'assaut à ce château qui n'a pour défense que le peuple. Tu sais que , parmi ce peuple désuni, il se trouve encore des hommes qui désirent un changement. Ah ! mon ami, laissemoi employer l'instant où le sceptre est encore en mon pouvoir pour sauver le fils de Folke.
FOLKE JARL.
Je n'ai plus de fils... Le criminel qui a osé tirer l'épée contre son roi , est indigne de ce titre. Détourne tes regards des larmes que répand ma faiblesse : la sentence de mort est prononcée , qu'elle s'exécute. Fils, ami, patrie, tu es tout pour moi. Que ta défense , ô mon roi ! soit le seul intérêt qui nous occupe! entends les cris de ce peuple irrité qui demande le sang de Sune, et dirige l'ardeur qui l'enflamme vers le lieu du danger.
ÉRIC
Non, je ne signerai point cette sentence cruelle; suis-je monté sur le trône pour servir la colère du peuple? j'ai le droit de punir, je le sais, mais puis-je oublier que j'ai celui de faire grâce ?
FOLKE JARL.
Il la refuserait , et ce serait un crime de plus ; son amour...
ÉRIC
C'est en lui parlant d'Hélène , que je veux attendrir son cœur. Toi, qui as veillé à la conservation