ACTE I, SCÈNE V
Eh bien , Sigurd , sois tranquille ; ma prédiction s'accomplit. Depuis le moment où j'appris avec certitude que. Pompée abandonnait les champs dévastés de l'Egypte , pour se diriger vers la Scythie , je prévis tous les dangers qui allaient nous menacer , et ma résolution fut prise. Je remercie les dieux qui ont couronné mes desseins.
SIGURD
Non , je ne me trompe point ; ce vaisseau ramène ton fils parmi son peuple , et dans les bras d'une épouse.
ODIN
Va, Odin est toujours le même; encore une heure , et Yngvé combattra à la tête des Scythes. Je ne demande rien de plus pour ma sûreté ; peutêtre je n'aurai rien de plus à demander pour ma vengeance : on ne connaît point mon fils ; il est digne de son sang ; Pompée en fera l'épreuve ; Pompée verra que dans un combat l'amour peut ajouter au courage ; il verra si le Scythe sait défendre l'amante qu'il croit digne de son cœur , et qu'on a si imprudemment voulu lui enlever : quelque grand que soit son nom , on peut espérer de l'égaler.
SIGURD
Pompée s'est fait un nom glorieux , et Yngvé cherche à illustrer le sien. J'ai toujours vm la victoire se plaire à couronner les héros qui combattent pour leur roi , leur patrie et leur amante. Les vertus des Scythes sont fondées sur ces sentimens , et l'amour fait germer toutes les vertus dans leurs âmes .
28 ODÏN,