‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 231 sur 310 · ACTE I, SCÈNE VI. 3a · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI. 3a

loin ; nous en sommes tous et moi des preuves bien parlantes.

SVINDLER.

Ne perds point de temps en paroles inutiles ; tous les momens sont précieux pour nous. Premièrement, tu commenceras par t'informer de la demeure de cette riche veuve pour laquelle j'ai une lettre.

LOEPELD.

Je ne tarderai pas long-temps à la connaître.

SVINDLER.

Secondement , tu tâcheras de découvrir quelque homme bien sot et bien riche , surtout un militaire ou un fonctionnaire public; car pour les marchands et les propriétaires, le diable lui-même n'en tirerait rien.

Cette commission-là ne sera pas facile à remplir: les militaires, et les fonctionnaires publics ne sont pas renommés pour leurs richesses; cela vient apparemment de ce qu'ils s'occupent peu du cours.

SVINDLER.

Enfin, troisièmement, quatrièmement, cinquièmement, sixièmement, tu feras en sorte de trouver de l'argent.

LOEPELD.

Eh! c'est là le plus difficile. Il faut, monsieur, que vous ayez une prodigieuse idée de mon génie pour me croire capable de faire de l'argent avec rien. Dans le temps où vous aviez habits, bijoux, montres, bagues, etc. . ., je m'acquittais parfaitement

d'une pareille commission; mais à présent. .. monsieur sait ce que je veux dire . . . Le Créateur seul peut faire quelque chose de rien , et je ne suis qu'un mortel , et un pauvre valet.

SVINDLER.

Fais en attendant de ton mieux. Si la fortune veut sourire à mon plan , ce jour sera peut-être le dernier où j'aurai recours à ton industrie.

LOEPELD.

Fasse le ciel qu'il en soit ainsi; car ni vous ni moi, monsieur, ne sommes faits pour être des fripons.

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