‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 235 sur 310 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

priétaire de forges , était l'homme le plus opulent du pays, et il lui a tout laissé à sa mort.

SVINDLER.

A combien cette fortune se monte-t-elle?

I/ABBERGISTE.

Je n'oserais avoir la témérité de prononcer ; on a dit cependant qu'elle allait à plusieurs cent mille dalers.

SVINDLER.

J'ai une lettre à remettre à une dame Stricker de cette ville; c'est apparemment la même.

L'AUBERGISTE

Oh! très-certainement, car il n'y a qu'elle de ce nom dans cet endroit. Le sacristain se nomme aussi Stricker.

SVINDLER.

Cette dame reçoit-elle des visites?

L'AUBERGISTE

Oui y monsieur. Elle est bonne comme un ange ; mais la mort de son mari la rend bien malheureuse; jamais elle ne sort de sa maison ; elle- fait du bien aux pauvres ; aussi Dieu l'a-t-il bénie , et toute la ville l'aime.

SVINDLER.

Elle est donc la plus riche habitante de cette ville?

L'AUBERGISTE

Quant à cela , vous pouvez y compter. Si madame Stricker le voulait, elle pourrait acheter toute notre ville* Monsieur le bourgmestre est après

33o L'AVENTURIER,

elle le plus riche de l'endroit ; il a amassé sa fortune aux diètes du royaume ; sa défunte femme (que Dieu veuille avoir son âme ) lui apporta beaucoup d'argent; elle était fille du riche meunier de Gaeddforsen. Monsieur le bourgmestre a quatre maisons, beaucoup de terres, de prés, du coté de la porte du Nord ; il a outre cela au moins six mille dalers comptant déposés dans la caisse de 1 église, le même jour que j'y portai mes quinze cents dalers; puis encore un moulin à vent près de l'église. Après lui, le conseiller Naebb peut être considéré comme le plus riche; car je dis toujours qu'il en a plus qu'on ne pense ; ensuite l'inspecteur de la douane maritime qui a épousé ma fille aînée, Marguerite-Magdelaine. L'aubergiste Haestfot peut bien venir après ces messieurs; ce dernier c'est moi, monsieur. Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé.

SVINDLER.

Je vois qu'on trouve dans votre ville beaucoup de gens riches et de bonne compagnie. A quoi passet-on le temps? Dansez-vous? Jouez-vous?

* L'AUBERGISTE

Quant à la danse, on s'en occupe peu; les fêtes de Noël sont les seuls momens où nos jeunes gens donnent un bal ou deux dans la salle de l'Hôtel-de- Ville; du reste, à moins d'une noce, il n'est pas question de danse. Nous jouons aux cartes, aux dames , et beaucoup aux quilles en été , dans une allée de mon jardin.

SVINDLER.

Avez-vous une banque , un biribi?

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