‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 234 sur 310 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

SVINDLER, L'AUBERGISTE.

SVIKDLEfL

Écoutez, mon cher monsieur, grand nombre d'affaires me retiendront ici pendant plusieurs jours. Je désirerais savoir si vous n'avez point de chambre plus belle et plus commode que celle-ci à me donner?

3a8 L» AVENTURIER,

L'AUBERGISTE

Non, monsieur; cette chambre est la plus belle de toute ma maison ; beaucoup de grands seigneurs Font habitée , et encore l'année dernière elle l'a été par sa grâce le gouverneur de la province. Il y a deux ans qu'elle le fut par le révérend docteur et évêque d'Oland ou Gothland, qui y resta deux jours par saite d'une indisposition ; nombre de comtes et de barons l'ont occupée depuis que je suis ici ; il y aura vingt-deux ans à la Saint-Michel , s'il plaît à Dieu de me laisser vivre jusque-là.

SVINDLER.

Je tâcherai donc de m'en contenter. Y a-t-il dans cette ville des gens un peu distingués dont on puisse faire sa société ?

L'AUBERGISTE

Oh ! il n'en manque pas. D'abord, monsieur le bourgmestre (il soulève son bonnet) et ses six conseillers; puis sa seigneurie monsieur le lieutenant à qui appartient la maison jaune près de la place ; le maître de poste, neveu de ma défunte épouse; ensuite l'inspecteur de la douane maritime, qui a épousé Marguerite-Magdelaine ma fille aînée ; et la riche madame Stricker veuve depuis deux ans.

SV1NDLER.

Madame Stricker? Est-il vrai qu'elle soit riche? Je n'aurais pas cru qu'il se trouvât des personnes aussi aisées dans cette ville.

L'AUBERGISTE

Ah! si elle est riche! Son mari le défunt, pro-

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