ACTE I, SCÈNE X. 33p
L'AUBERGISTE, prenant cet derniers mots pour lui.
Assurément.
Mais tous ne me connaissez pas ; je puis être un trompeur, un fripon. Tenez, prenez; vous aurez une sûreté.
LE BOURGMESTRE
Excusez-moi , monsieur. Je ne connais pas beaucoup le monde, il est vrai; mais je suis probe, et crois que les autres Le sont. On ma dit, et je 1 ai vu souvent moi-même, qu'un honnête homme parle peu, et n'a qu'une parole. Un fripon, au contraire, se connaît; et craignant que les autres ne le devinent, il s épuise en sermens inutiles. Pardonnez ma franchise ; si votre ligure ne me disait pas que vous êtes un honnête homme , et si mon cœur ne détestait pas la méfiance, je serais tenté par vos cérémonies, et à cause de votre insistance, de voir au moins votre billet de cinquante riksdalers.
SVIHDLER, r«oïir«iJiot.
Respectable vieillard, pardonnez- moi d'avoir voulu éprouver votre cœur. (Il remet ses papiers dans sa poche. ) Ne me croyez pas assez peu délicat pour vous montrer maintenant le billet.
LE BOURGMESTRE, en sa a ri an U
Mais j ai à présent envie de le voir,
SVINDLER, riant.
Je n*ai plus le désir de vous le montrer; mais bu* vons à votre santé, homme loyal.
(Il lui i*re**nlr un rrrre. J
34o L'AVENTURIER,
LE BOURGMESTRE
Pardonnez-moi, mon cher monsieur) je ne vous comprends pas bien. La jeunesse est si singulière aujourd'hui!... Nous autres, gens du siècle passé, ne pouvons jamais bien découvrir son intention ; elle nous fait tant d'histoires, que la tête nous en tourne, et nous finissons par ne pas en savoir davantage à la fin qu'au commencement. A votre santé, monsieur.
SVINDLER.
Bravo ! Je reçois volontiers des leçons de la vieillesse. ( A l'aubergiste. ) Voilà mon riksdaler pour le club ; ayez la complaisance d'appeler mon valet.
(L'aubergiste tort.)