‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 243 sur 310 · ACTE I, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XI

tous les cas, n'est qu'une auberge. Buvez donc, monsieur, le bourgmestre. N'ai-je pas raison ?

LE BOURGMESTRE

C'est selon.

SVINDLER.

J'ai donc résolu, ayant surtout le pressentiment d'un malheur, de vous prier, comme le plus considéré et le plus honnête homme de cette ville, de me permettre de déposer ces deux coffres dans votre maison jusqu'à mon départ. C'était là l'objet sur lequel je voulais vous sonder.

LE BOURGMESTRE

Très-humble serviteur, avec bien du plaisir, disposez de ma petite habitation; mais je vous assure que vos malles ne courent ici aucun danger.

SVINDLER,

Je puis vous assurer à mon tour que je n'aurai de tranquillité que du moment où je les saurai chez vous, et sous votre protection. Vous me donnez votre consentement?

LE BOURGMESTRE

De tout mon cœur.*-* Mais je crains que l'aubergiste ne s'en trouve offensé.

SVINDLER.

Bagatelle que tout cela ; un aubergiste de plus ou de moins pour ami n'est pas grand chose. Vous me permettez de vous les envoyer de suite ?

LE BOURGMESTRE

Pourquoi pas? Sont-ils scellés?

SVINDLER.

Ils le seront dans un moment.

LE BOURGMESTRE

Je vais donc m'occuper de leur transport j mes valets les porteront si vous voulez.

Je vous suis extrêmement obligé ; j'espère reconnaître un jour vos bontés.

LE BOURGMESTRE

Point de compliment. Très-humble serviteur.

(H sort.) S VIN DLER , loi frappant sur )'tfpaule en souriant.

Vous voyez, monsieur le bourgmestre, que j'ai fait ma volonté. Quoique vous ayez refusé mon billet de cinquante riksdalers, vous n'en avez pas moins une sûreté pour vos dix-neuf riksdalers, ah ! ah! ah !

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