‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 259 sur 310 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

M—. STRICKER.

Il me semble que les oreilles, surtout, sont d'une ressemblance frappante.

MARIE

Oh ! oui. En y regardant attentivement , monsieur lui ressemble en tout.

SVINDLER.

Je suis par trop heureux.

MARIE

Ah ! ne dites pas cela. Un jeune homme riche et de votre rang ne peut considérer comme un bonheur d'être aimé d'une veuve de petite ville.

SVINDLER.

Pardonnez-moi, madame, je sais apprécier le bonheur de vous plaire; je m'estimerais encore plus heureui, si mon mérite, et non une ressemblance due au hasard, vous avait plu en moi.

MARIE

Ce pauvre époux est sûrement près de Dieu. Il a toujours été si bon envers moi , et envers tout le monde ! Aussi, lorsqu'il mourut, je fis le serment de ne point me remarier, à moins de trouver quelqu'un qui lui ressemblât parfaitement; il n'y a peint de différence entre vous et son portrait suspendu dans ma chambrer à coucher.

M—. STRICKER, bai à SvindWr.

Allons, vite, la déclaration.

SVINDLER.

Madame... vous mettez mon cœur dans une situation que je ne puis décrire.

MARIE

Dites toujours , j'aime tant les descriptions.

SVINDLER.

Mes sentimens... partagés entre la crainte et l'espérance... Une déclaration trop franche pourrait vous irriter...

MARIE

Oh! non , je ne me fâcherai jamais contre une personne qui ressemble tant à feu mon époux.

SVINDLER.

Vos richesses , madame. . . .

MARIE

Je ne suis pas riche.

SVINDLER , atec TÏYacittf. «

Comment diable ! tous n'êtes pas riche?

M A R IE , avertie par un signe de madame Stricker.

Âh ! oui , c'est vrai.... j'ai de la fortune ; mais elle n'appartiendra jamais qu'à celui à qui je donnerai mon cœur et ma main , et personne ne l'aura s'il ne ressemble au défunt.

SVINDLER.

Cette grande fortune , madame , me défend d'espérer.... car je n'ai rien.

MARIE

N'importe ; le point principal c'est cette ressemblance.

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