‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 265 sur 310 · ACTE 111, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE I

SVJNDLER

Tu viens, mon cher Loepeld, de'dire une vérité qu'avec toute la sublimité de leur morale nos philosophes n'ont jamais trouvée. Grand Dieu! à quelle extrémité le besoin , la misère ne peuvent-ils point porter un cœur généreux? 0 vous, riches et puissans de la terre , qui nagez dans l'abondance , dont les moindres des! rs sont satisfaits, et qui ne pouvez vous faire une idée des tourniens de l'indigence , des horreurs de la faim ! assis sur vos canapés somptueux , ne jugez pas avec trop de précipitation et de sévérité vos malheureux semblables; pesez leur po~ sition comme leurs fautes. Avec vos richesses cet infortuné n'aurait jamais commis un crime déshonorant ; mais avec sa misère , qui sait ce que vous auriez fait ? ( dprès un moment de silence. ) Ma résolution est prise : je sacrifierai le bonheur de ma vie à la vertu, a l'honneur; j'épouserai madame Strieker pour indemniser tous ceux que j'ai abusés. Ah! Caroline, ton grand, ton noble cœur approuvera les raisons qui m'arrachent à toi. Ensuite, oui, ensuite, je chercherai le lieu habité par mon père, je me jetterai à ses pieds, il ne repoussera pas un fils réconcilié avec la vertu ; il me rendra un amour dont j'ai été privé injustement,

LOGCELD,

Le ciel , monsieur , vous accorde des forces et du bonheur! Il me semble voir la joie de monsieur votre père,

S V f ?t D t, F. R , m promenant Juii air perwC

Soixante-dix mille rîsksdalers! dix raille suffiront

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pour acquitter mes dettes; reste à soixante mille; c'est trop, beaucoup trop. Ah ! si cette femme avait un peu plus d'esprit... N'importe, je la considérerai comme un instrument dont la providence se sert pour me punir de mes fautes passées; je supporterai mon fardeau avec patience... Mais, Caroline! quel sera ton sort?... Je frémis à cette pensée. ( On frappe. ) Entrez.

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