ACTE ï, SCÈNE VI
de Jernberg, mettre leur cœur à l'épreuve. Toutes deux sont également belles et aimables; je crus cependant m apercevoir d'une différence dans leur caractère* Charlotte est vive, enjouée, légère; Albine douce, bonne, sensible- Les yeux de la première enflamment le cœur, ceux de la seconde le remuent d'une manière délicieuse. De concert avec Jernberg, je résolus de faire l'aveugle, et de fixer mon choix sur celle qui aurait assez de courage, de bonté, de raison pour oublier mon état et pour m 'aimer. Je vis bientôt que ce ne serait point Charlotte ; mais Àlbine , si je ne nie trompe, est la perle que je cherche.
DRAEDJIOM.
Mais, monsieur le baron , vous ne pouvez pas être aveugle toute votre vie- Quand vous découvrirez votre supercherie, ne fût-ce que le jour de vos noces, mademoiselle Àlbine pourra se trouver offensée- Monsieur le baron sait combien les femmes sont susceptibles; autant elles aiment à tromper, autant elles s irritent d être abusées,
LE I \ni)N,
Oh ! mon Àlbine est trop bonne, trop généreuse pour changer, et nous parviendrons à calmer sa mère. Àlbine est tout le portrait de Jernberg; cest la même douceur, la même franchise, JVi cherché le bonheur comme l'abeille cherche le miel, en voltigeant de fleurs en fleurs; je me suis ennuyé de ne point le trouver* Heureux, malgré mes folies, d'avoir conservé un cœur pur et sans tache! Il sera à Àlbine ; je suis aveugle aujourd'hui pour la dernière fois, et crois être sûr de ses sciilitiii-us.
Godsle