SCÈNE VIL
LE CORNETTE LEJONHARE, LE BARON, BRAEDBOM.
LE CORNETTE
Ah ! bonjour, baron ! comment va voire santé ?
LE BARON, faiont ltragle.
Qui est là? Le cornette Lejonhare , à ce qu'il me paraît à la voix?
LE CORNETTE
Précisément. Combien vous avez d'esprit, baron, pour reconnaître les gens sans les voir !
(Ilt'lMMd.)
Asseyez-vous, monsieur.
LE CORNETTE
Ah, ah ! je suis assis, et vous ne l'avez pas remarqué ; pauvre baron!... Mais comment peut-on devenir aveugle à votre âge ? à peine vingt-cinq ans. • . Que je vous plains !
LE BARON
Cela arrive quelquefois, monsieur, comme vous le voyez. Voilà plusieurs années que je suis aveugle parce que j'ai perdu la vue. Je ne sais ce qui a causé cet accident.
LE CORNETTE
J'ai manqué aussi plus d'une fois de devenir aveugle dans cette maudite campagne de Finlande.
une colombe , et l'autre à un serin. Cela fit beaucoup rire , et Ton prétendit qu'il n'y avait que Lejonhare ^capable de dire une chose pareille. On se parla à l'oreille, on me regarda, et l'on rit.
LE BARON
Du bon mot, ou de celui qui l'avait dit?
LE CORNETTE
Du bon mot, je vous prie; du bon mot. Ce n'est pas la première fois que j'ai fait rire. Mais, raillerie à part, est-ce sérieusement que vous pensez à Albine ?
LE BARON
Un aveugle , monsieur, pense sérieusement pour l'ordinaire. Mais quelle heure est-il ?
LE CORNETTE
Diable! déjà une heure et demie ; il faut se rendre chez Jernberg. Voulez-vous que je vous y conduise ?
LE BARpN.
Bien obligé; mon domestique est habitué à me rendre ce service.
( H appelle Braedbom qui entre et le prend tons le bras. Tons deux sortent. ) LE CORNETTE.
Et vous n'y voyez pas, même itn plein jour? Que je vous plains !
(Il sort.) FIN DU PREMIER ACTE.