‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 300 sur 310 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

LE CORNETTE LEJONHARE, LE BARON, BRAEDBOM.

LE CORNETTE

Ah ! bonjour, baron ! comment va voire santé ?

LE BARON, faiont ltragle.

Qui est là? Le cornette Lejonhare , à ce qu'il me paraît à la voix?

LE CORNETTE

Précisément. Combien vous avez d'esprit, baron, pour reconnaître les gens sans les voir !

(Ilt'lMMd.)

Asseyez-vous, monsieur.

LE CORNETTE

Ah, ah ! je suis assis, et vous ne l'avez pas remarqué ; pauvre baron!... Mais comment peut-on devenir aveugle à votre âge ? à peine vingt-cinq ans. • . Que je vous plains !

LE BARON

Cela arrive quelquefois, monsieur, comme vous le voyez. Voilà plusieurs années que je suis aveugle parce que j'ai perdu la vue. Je ne sais ce qui a causé cet accident.

LE CORNETTE

J'ai manqué aussi plus d'une fois de devenir aveugle dans cette maudite campagne de Finlande.

une colombe , et l'autre à un serin. Cela fit beaucoup rire , et Ton prétendit qu'il n'y avait que Lejonhare ^capable de dire une chose pareille. On se parla à l'oreille, on me regarda, et l'on rit.

LE BARON

Du bon mot, ou de celui qui l'avait dit?

LE CORNETTE

Du bon mot, je vous prie; du bon mot. Ce n'est pas la première fois que j'ai fait rire. Mais, raillerie à part, est-ce sérieusement que vous pensez à Albine ?

LE BARON

Un aveugle , monsieur, pense sérieusement pour l'ordinaire. Mais quelle heure est-il ?

LE CORNETTE

Diable! déjà une heure et demie ; il faut se rendre chez Jernberg. Voulez-vous que je vous y conduise ?

LE BARpN.

Bien obligé; mon domestique est habitué à me rendre ce service.

( H appelle Braedbom qui entre et le prend tons le bras. Tons deux sortent. ) LE CORNETTE.

Et vous n'y voyez pas, même itn plein jour? Que je vous plains !

(Il sort.) FIN DU PREMIER ACTE.

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