ACTE II, SCÈNE II
aujourd'hui nos contrées? Sais-tu les nouvelles raisons qui Font déterminé à tourner ses armes contre ce même peuple qui fut autrefois son ami; quels sont ses prétextes pour rompre notre alliance; quel triomphe il recherche en portant la mort parmi nous ? Pompée , ce vainqueur illustre, ( quelle preuve de la vertu des Romains! ) Pompée vient, à la tête de son armée, demander la main de ia fille. {Après un moment de silence pendant lequel Odin observe jàsmun.) Avec quel calme tu reçois cette nouvelle! Elle n'excite pas ta surprise, tu l'écoutés sans colère!... Peut-être ce que je te dis, n'est-il pas nouveau pour toi? Je crains de m'éclairer davantage, et laisse à l'avenir à m'instruire si l'amour seul guide Pompée , si Asmun ne veut pas venger sur son roi les larmes de sa fille , et faire de sa main l'instrument de son crime. Il suffit que ce soit vengeance ou envie, Odin voit avec plaisir son ennemi si faible. Ma vanité est flattée de l'avoir humilié , et toi, si tu sais profiter de ce sentiment, le trône et mon fils appartiendront à ta fille. Je veux qu'en présence de toute son armée, Pompée ait le dépit de voir celle à qui il offrait son cœur, donner sa main à Ingvé, et qu'il lève en vain un bras armé. J'attends ta réponse. Tu te tais?
ASMUN.
Il est vrai; j'ai peine à rassembler mes esprits pour te répondre. Pompée, je l'avoue, ne voit point ma fille avec le même mépris que le père d'Yngvé. Tu sais tout, et sens peut-être qu'il me serait facile de payer le mépris par le mépris et d'allumer au-
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jourd'hui les feux de la vengeance au lieu de ceux de l'hyménée. Offense' par une injure, et juste dans ma colère, je fus ton ennemi; mais si tu rends ton fils à ma fille, je ne serai plus que l'ami d'Odin, et le père de Thilda. Je n'approfondirai point tes motifs , il est souvent fâcheux de les pénétrer chez les grands. Ma fierté eût peut-être été plus obstinée pour moi-même; mais, Odin, je suis père, et ferme les yeux.