SCÈNE VIII
ASMUN , THILDA , HILDUR.
ASMUN,
Quelle perfidie ! quelle bassesse ! Tyran ! mon illusion est dissipée par ce coup de tonnerre ! Je vois la récompense destimée à ma foi trompée. Mais frémis. .•. L'éclair qui t'a menacé n'est point encore
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éteint ; mon bras vengeur est encore étendu sur ta
tête , et ton châtiment peut encore égaler tes forfaits !
THILD A , revenant à elle.
N 'avais-je point pressenti , mon père , qu'Odin nous trompait ? J'ai frémi de ses promesses. Au fond de l'abîme où nous sommes tombés , que nous reste-t-il à faire ?
ASMUtf.
A nous venger. C'est la dernière fois que son indigne hypocrisie trompera un ami long-temps abusé, et un père au désespoir. Esclave de ma parole, la pureté de mon cœur m'a fait penser qu'un roi se croyait aussi lié par l'honneur , que surtout sa fran- . chisse avait pour fondement la vérité , et qu'un tyran pouvait avoir des vertus. Je rougis d'avoir humilié aussi aveuglément ma tête blanchie , et de n'être sorti de ma longue enfance, que sur le bord du tombeau. Mon cœur achète chèrement la lumière qui est venue l'éclairer; mais j'ai enfin appris à né pas reculer devant un crime; je vais appeler mes guerriers. Pompée s'avance , viens : je vois approcher l'heure où nous serons vengés. Ma fille, donnemoi ta main , ne verse plus de larmes , ta victime t'attend ; elle tombera au moindre signal.
THILDA.
Quel froid mortel me pénètre ! Quels combats dans mon cœur ! Le moment de la vengeance approche et je n'en suis point consolée !