ACTE III, SCÈNE II
lisa autrefois , et que les Romains traitent de barbares et de sauvages destinés à porter leur joug , et qu'ils accablent de mépris. Mon père tenait parmi ces peuples un rang élevé ; son fils, en butte de bonne heure aux caprices de la fortune , exilé de sa patrie, eut pour instructeurs les malheurs qui l'ont éprouvé, et n'a pour appui que l'espérance et son courage.
POMPÉE
Crois-moi, qui que tu sois, soyons unis ; te traiter en égal n'est point s'abaisser ; oublie ta haine , sois mon ami ; Pompée t'en prie ; peut-être son cœur est digne de répondre au tien.
Je ne suis point insensible à ta générosité ; l'élévation de tes sentimens , Pompée , égale ta gloire. Tu crois le Scythe sauvage ; connais-le : il est bon , son cœur est susceptible de reconnaissance, mais non de crainte : il ne te sacrifiera pas sa liberté , mais il te donnera son sang. Il ne tient qu'à toi d'acquérir l'amitié que tu réclames; suis l'impulsion de tes sentimens magnanimes envers le monde comme envers moi ; éteins ce désir de conquêtes que ton orgueil t'inspire ; et ne désole point la terre par des guerres injustes.
POMPÉE
Ma fierté pourrait être blessée de tes discours , mais elle s'adoucit. Pompée t'écoute avec étonnement ; tu n'es point Romain , et tu parles en Romain ! La terre qui t'a vu naître n'est point une terre d'esclaves; la nature sème en tous pays de ces
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grandes âmes qui maintiennent l'équilibre du
monde. Tu hais donc l'éclat que donne la victoire?
yncvé.
Je bais la violence, Pompée; et venge, quand je le puis, sur celui qui l'exerce, le faible qui en a souffert. Les maux qu'il éprouve peuvent m atteindre un jour.