ACTE III, SCÈNE V
-ODIN
Tu es donc venu toi-même, Pompée, apporter
ton message ! Tu avaisdes mesures à prendre en Scy-
thie; je vois la paix cjue tu nous préparais, {Avec une
Jierté menaçante. ) Mais te rappelles-tu ce que les
lois de la guerre réservent aux traîtres î
POMPfcE,
Tu crois que ton regard menaçant m'inspirera de la crainte? Non, elle ne peut avoir accès dans mon cœur , quand même je serais seul au milieu de tes tentes ; mais apprends que les Romains sont près d'elles : gardes !
Scythes !
(Ils par*u»nt-) Y H GV È , Vivjttçapt cntiT les clrux Itoupes qui mc choquent , le* diapcrve et J«
rCDYÛl£t
Point de cris,,. Et toi , le trouble que tu excites, est-il encore une preuve du courage des Romains ? Si tu te crois offensé , s'il te faut du sang , ton e'pée t'offre les moyens d'exercer ta vengeance. Mais dis-nous d'abord quels sont les sujets que tu as de te plaindre? Je t'ai suivi, Pompée, je t'ai caché mon nom ; mais je ne t'ai point trahi ; je n'ai point été ton ami , ni n'ai employé la ruse pour t'attirer dans le camp des Scythes ; je frémis à l'idée d'une violence ; la retraite t'est permise ; mon père la protégera.
POMPKE.
Ton cœur sans expérience est rempli d une fierté précoce ; mais le moment peut venir ou elle sera
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abaissée. Si tu avais ce courage dont tu te vantes sans cesse , comment n'as-tu pas avoué ta naissance au milieu de mon 'armée? Pourquoi as-tu attendu, pour déclarer ton nom à un ennemi , de te trouver au sein d'un peuple prêt à prendre ta défense ? Tu as caché dans le fond de ton cœur subjugué, les perfides droits de ton amour, pour ne les faire éclater à mes yeux qu'au moment où, dans un lieu sûr, tu pusses jouir avec bassesse du trouble d'iln rival.
YNGVÉ.
Ta rage t'égare , tribun de Rome ; mais je te pardonne. Celui qui peut se venger peut aussi être maître de soi.
POMPÉE
La postérité jugera qui de nous deux a le mieux appris à offenser et à se venger. (A Odin, en se tournant pour partir.) Et toi... qui ne crains point de prouver ton mépris pour la terre , en te vantant de prendre part aux conseils des dieux , le châtiment qu'ils te destinent est près de toi : voilà un oracle dont tu peux être sur , un oracle dont la vérité te sera prouvée par trente mille glaives.
ODIN
Malgré tous les droits qu'un souverain offensé a de se venger , je te respecte , Pompée , et me rappelle les lois de l'honneur. Un ennemi sans défense est partout un être sacré ; je connais tous les dangers dont tu menaces le trône d'Odin, tes espérances et la part que tu prends aux complots qui se trament ici. Mais réfléchis aux remords dont ta