SCÈNE VIL ODIN, YNGVÉ, SIGURD
SIGURR
Prince, Pompée s'avance vers nous, et le combat nous appelle. On voit à la clarté du flambeau de la nuit approcher les légions romaines , et les airs retentissent du bruit des pas des chevaux : dans le camp le père de Thilda déjà armé, et entouré de ses complices, montre de plus en plus ses perfides desseins, auxquels son âge et ses larmes donnent un poids da ngereux ....
7o ODIN,
ODIN, avec consternation.
Lui? Asmun? qui tout à l'heure.... 0 dieux, vengez-vous! Tu vas recueillir, père malheureux, les fruits de ta trahison !
SIGURD
Il parle ouvertement de Rome, de la gloire de ses triomphes, de sa douceur, de sa fidélité envers les peuples quelle a soumis, du danger de s'attirer sa haine , et de tourner nos armes contre des troupes disciplinées et supérieures en nombre ; mais le Scythe se réveille : on le menace, il veut combattre, il hait le joug ennemi, il aime son roi. La cause de ses murmures, sa seule peine est de ne point voir à sa tête ce prince dont l'exemple lui donnait autrefois de nouvelles forces ; mais il serre ses rangs, se dirige vers le lieu du combat, et tourne avec un dépit concentré ses armes contre les Romains. Prince , il est temps de te montrer ; le danger est pressant.
ODIN
Je suis prêt à te suivre, ami. Le guerrier que tu vois doit soutenir mes pas. Reconnais Sigurd , reconnais près de ton roi, sous cet habit, ce fils si regretté que le ciel me renvoie.
SIGURD, avec tftonnement.
Prince!... quelle divinité vous a conduit et protégé?
La vengeance!
ODIN, à Yngvé*.
Écoute le conseil que l'événement me suggère; il