SCÈNE II
THILDA, ASMUN, UN SOLDAT.
À5MUN ( avec il ni espoir.,
Oui, attends-le, malheureuse, et vois ta patrie au pouvoir des ennemis, ton roi livré comme une victime , ton père couvert de honte , ton amant dans les fers; es-tu contente ? es-tu vengée?
THILOA,
Mon amant dans les fers ! 0 mort , anéantis mon être ! mais, hélas ! mes cris t appellent depuis longtemps : tu t'obstines à ne pas les entendre !
ASMUN.
Sexe faible ! crains de l'appeler, son dernier coup est terrible , et sa voix vengeresse-
4 ODIN
THILDA.
Eh ! que sert à la victime qui doit tomber de redouter ses coups ? Parlez , mon père , abrégez le temps de mes souffrances.
ÀSMUN.
Tu le y eut f c'çn est assez. Soit faiblesse ou justice , mais fatigué de tes cris de douleur, des pleurs dont tu inondais mes joues , j'allais , sourd à la voix de l'honneur , aveugle sur les dangers, chercher les moyens de te venger et de m avilir. Je n'ai que trop bien préparé le succès du crime que je méditais à la tête de l'armée qui venait de me suivre hors du camp : tandis que je rangeais mes troupes dans la plaine, Pompée , sur un signal convenu, a passé avec toutes ses forces réunies par le défilé qui couvrait nos derrières. Tout est dissipé , tout plie } la consternation et la terreur se répandent de rang en rang , partout oh les Romains paraissent ; lorsque tout à coup, un nuage de poussière en tr 'ouvert nous montre .un héros scythe ; sa taille est majestueuse , sa voix retentissante, sa chevelure blonde tombe en nombreux anneaux de son front sur ses épaules ; désespéré , il lève son bras prêt à combattre, et soulevant sa visière : «Arrêtez, guerriers, s'écrie-t-il , quelle crainte s'est emparée de vous ? Est-ce là le courage des Scythes ? Vous fuyez sans combattre, et mourez. . . sans honneur, lorsque votre roi et la patrie réclament votre secours I Arrêtez , et reconnaissez votre prince que le ciel vous renvoie pour vous montrer le chemin de l'honneur que vous abandonnez !» Il se tait et vole au combat. A cette voix ,