‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 65 sur 310 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ODIN, ASMUN, THUDA , Garde romaine, Soldat romain , Peuple scythe.

ODIN, enchaîné, à Âsmun.

Tu détournes la vue ; mon aspect t'effraie? Tu ne jouis point de ta vengeance ? tu vois ton roi captif et ne te livres pas à une joie barbare ?

ASMUN* détournant la vue.

O soleil ! tu ne me retires point ta lumière , et l'abîme ne s'est point encore ouvert sous mes pas ? O dieux ! quels sont donc les crimes qui méritent ce châtiment? (A Odin en lui montrant Thildadans Vexchs du désespoir.) Regarde celle qui a forgé tes fers, et dis-moiqui de nous deux est le plus à plaindre ?

ODIN

11 n'est plus temps, cruel, d'affeder des sentimens qui auraient dû t'animer quand ta haine t'ar-

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mait contre ton roi et contre ta patrie. Une âme assez peu élevée pour conspirer et trahir devient bientôt lâche; un scélérat n'eut jamais de courage ; le traître toujours faible s'effraie le premier de la foudre qu'il a lancée. Est-ce moi qui ai mérité d'être puni, moi qui me reposais sur les forces confiées à tes mains ; moi qui, malgré la férocité de ton cœur, attendais tout de ta générosité? Jouis de la victoire remportée par la perfidie : vois le Scythe sous le joug; entends-le gémir dans l'esclavage, en voyant renverser le trône, son culte et ses lois; unis ton bras à ceux qui dévastent cette contrée, et achève de t'enivrer d'une vengeance digne de ton cœur.

ASMUN.

Poursuis; j'ai mérité d'être en horreur à la terre. Mais tu es père comme moi; vois ma réponse. ( 77 prend Thilda par la main, et la conduit devant Odin. ) Dans cet être affaibli par de longues souffrances , dis-le-moi, reconnais- tu l'épouse de tqn fils ?

THILDA, à Odin.

Oui , prince, c'est & moi de tomber à vos pieds; les crimes de Thilda vous donnent aujourd'hui le droit de la voir à vos genoux. Cessez d'appeler la foudre sur la tête d'Âsmun ; voici le cœur qui vous a trahi , vengez-vous. Les chaînes que vous portez ne retarderont point votre vengeance ; ma main est encore libre , la mort est mon devoir : que mon dernier soupir seulement s'élève vers votre cœur pour l'implorer en faveur d'un père trompé comme moi. Prince, je vous ai poursuivi, je me suis vue

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