‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 68 sur 310 · ACTE IV, SCENE IV. 8t · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IV. 8t

POMPEE

Mais ce fils si vaillant, dont tout dépendait, si redoutable pour Rome, si aimé de son année, ce héros qui devait enchaîner la victoire, est venu ; il a armé son bras, et la Scythie porte le joug.

ODJN,

Mon fils a appris à vaincre par les armes, et non par la trahison. Cet art appartient à Rome , et Rome peut s'en servir; il est digne de toi.

POMPEE

Tu oses m'insulter !

ODIN

Va, je me tais. Je te méprise trop pour m'abaisser à te reprocher ta perfidie et ta bassesse; mais cet heureux père qui soupire près de toi pourra l'apprendre peut-être à interpréter mon silence.

POMPEE

Son amitié dédaignée, sa fille trompée, et son bonheur détruit, lui ont donné le droit de chercher une vengeance légitime.

A5MUPF,

Je fus séduit, Pompée, et ma vengeance fut injuste j mon cœur criminel a été puni : il est déchiré par les furies; mais avant que la mort me réduise au silence, que mon repentir fasse connaître à la terre les droits et les vertus d*Odin. Ce ne fut point lui , Pompée , qui eut un cœur cruel ; le mien , seul ingrat et perfide , a consommé sa vengeance au moment où il rendait un amant et la vie

Thééir* Suédois. 6

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à Thilda; j'ai renversé un trône qui fut pendant dix-sept ans l'admiration de l'Asie. La même main à laquelle il confia la défense de son sceptre et de ses autels fut celle qui le trahit. Tu l'as vu, tu las souffert, tuas encouragé un crime dont Marius eût rougi, que Sylla eût puni. Ta valeur s'est avilie, à la honte de Rome , en abusant de la faiblesse de mon âge. Il ne me reste plus qu'à terminer une vie abhorrée, trop heureux si ma perfidie peut être expiée par mon sang. Mais toi, si mes remords peuvent me permettre une prière ; si tu conserves encore des sentimens de générosité , use du moins avec modération d'une victoire criminelle.

POMPEE

Je reste muet en écoutant un discours aussi digne d'étonnement que de mépris. Pompée a peut-être oublié ce qu'il devait à son rang, à son honneur, lorsqu'il s'est abaissé jusqu'à rechercher ton alliance ; mais il ne s'est pas oublié au point de prendre part à ta trahison. Il t'a prêté son secours contre l'oppression et la violence ; tu dois te rappeler le prix mis à ce secours. A côté des promesses auxquelles il fut fidèle, mets les obligations qu'il te reste à remplir, et parle ensuite de vertu, et des bornes à prescrire à la victoire.

ASMUN.

Je t'ai compris. Je vois ta puissance, je vois notre danger et sais les droits que tu as sur la main de ma fille; mais le père d'Yngvé est ici, c'est à lui de répondre.

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