‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 72 sur 310 · SCÈNE VIL POMPÉE, MILON, TH1LDA, HILDUR · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL POMPÉE, MILON, TH1LDA, HILDUR

POMPEE

Quoi, Tbilda elle-même! quel spectacle affligeant! sur ses joues flétries règne la pâle terreur. C'est donc ainsi que Pompée reçoit son premier salut.,. Pour qui, grands dieux, coulent ses pleurs?

TEILDA.

Pour un rival, Pompée , que tu ne dois plus redouter, et dont j'ai causé l'infortune* Je ne mérite plus sa foi , et ne demande qu'à partager ses chaînes ou à mourir avec lui. C'est pour ce héros dont l'image remplit mon cœur, <|ue je viens implorer

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ta clémence. Quel regard!... il porte le froid de la mort dans mes veines. Pompée, je connais ton espoir, je dis plus, mon cœur avoue son injustice envers toi; mais si le Romain est généreux , si la terre a vu jusqu'à ce jour un héros en toi, ne flétris point le nom que son respect te donne, et prends pitié d'un cœur que ta victoire» déchiré. Ordonne-moi de mourir, mais laisse le repos à mon ombre ; laisse-moi voir le prince qui eut , qui possède encore ma foi ; venge-toi ensuite et punk mes larmes. ( Elle se jette à genoux. ) Écoute , écoute les derniers accents de ce fantôme déjà glacé par le froid de la mort , et qui se jette à tes genoux. Commande à ces gardes qui, du droit de la victoire, ferment le passage à une épouse éplorée, d'ouvrir la prison d'Yngvé. Laissemoi voir ce prince et mourir dans ses bras.

POM PÉE, avec une voix émue, et la relevant.

Étonnée de votre démarche... trop ému pour répondre. .. surpris de me voir offensé dans un pays vaincu... par celle que j'ai vengée... pardonnez, si je rappelle un souvenir détesté,... Mais Thilda a-telle oublié à qui elle a promis sa main? j'ai cru ses serment plus sincères et ne m'attendais point au discours qu'elle m'adresse.

THILDA.

Mon amant est dans les fers, Pompée, et tu vas souiller tes lauriers de son sang. Veux-tu que son épouse s'unisse à ses bourreaux, et te donne sur les ruines de son trône, sur ses cendres, une main baignée de larmes ? veux-tu. . .

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