‹ Chefs-d'œuvre du théâtre suédoisChapitre 76 sur 310 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ODIN, ÀSMUN.

ÀSMUN,

Je t'en conjure, au nom des dieux, s*ii te reste quelque sentiment pour ton fils, pour ton peuple , et si tu prends encore quelque soin de tes jours , ne te laisse pas emporter par le désespoir à une résolution si téméraire; ne hasarde point un pas dangereux qui consommerait ta perte. Tu vois la vigilance qui règne dans le camp des Romains; croîs-tu qu'il soit si facile de surprendre Pompée? Une armée dispersée par la fuite, un bras à peine libre, est tout ce que tu peux opposer aux Romains. L'héroïsme n'exclut pas la prudence. Que prétends-tu faire?

ODIN

Mourir ou me venger. Mon choix est fait, ma résolution prise et désespérée. Celui qui ne sait pas hasarder sa vie pour recouvrer son honneur est né pour porter des chaînes et uon une couronne. Ma gloire est-elle en sûreté? mon sort est-il fixé? Je me

9a ODIN,

vois prisonnier dans ces champs où j'ai le premier fraye' une route à l'homme; et le joug de l'esclavage accable des lieux où j'ai élevé un temple à la victoire. Si tu as conservé un reste de la vertu scythe , ne te dicte-t-elle pas les devoirs que tu as à remplir dès ce moment? Cet autel où le bonheur d'Yngvé devait être assuré est paré en ta présence , en la mienne pour son tyran. Vois ta fille traînée ici, devenir la proie d'un vainqueur heureux par ton crime , et qui dans le fond de son cœur te méprise. Le sang de ta fille est à toi; tu es son père, il doit t'appartenir ; choisis, Asmun , sois esclave, et qu'un tyran avilisse ton nom; ou sois homme... et arrache la victime de ses bras !

ASMUN.

Je t'épargne l'horreur d'en dire davantage. Va, tire ton glaive, sauve ton peuple, si tu le peux, et laisse-moi te répondre de ma fille. Voilà mon bras , barbare! Vois mon poignard, je serai près de l'autel.

ODIN

Ta résolution est digne de toi. Mes soldats m'attendent , je vole vers eux , toutes les minutes sont précieuses pour nous.

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