XVIII INTRODUCTION
Dans ce choix des meilleurs écrits de Buffon, je n'ai point cru qu'il y eût place pour ses systèmes. Je n'y ai même rien mis de sa Théorie de la terre.
La Théorie de la terre fut son premier ouvrage, elle parut en i7&9, et c'est par là qu'il a d'abord étonné le monde. Les Époques de la nature ne parurent qu'en 1778; ce fut sa seconde théorie, et celle-ci a effacé l'autre.
Mais un de ses plus beaux ouvrages, et que je ne dois pas oublier, dans cette courte énumération de tout ce qu'il a fait de grand, c'est son admirable histoire des yariétés de l'espèce humaine.
Avant lui, l'histoire naturelle de l'homme n'existait pas. On étudiait l'homme individu, on n'étudiait pas l'homme espèce. Depuis lui, l'étude des variétés, des races humaines est devenue une science particulière; et au milieu de toutes ces races, que, le premier, il a distinguées, il a nettement vu ce qui en fait le nœud : Vunité de Vhomme. « L'homme blanc en Europe, noir « en Afrique, jaune en Asie et rouge en Amérique, n'est « que le même homme, dit-il, teint de la couleur du « climat. »
V Histoire des minéraux a été son dernier ouvrage. C'est Touvrage de sa vieillesse. Cependant que de belles pages y rappellent encore le grand écrivain et le grand penseur !
C'est dans le chapitre sur les Fossiles, tiré de l'tfwtoire des minéraux et que je place ici, qu'il fait ses
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adieux à la nature. Jamais son éloquence ne s* était élevée plus haut.
ce Les ossements conservés dans le sein de la terre f< sont, dit-il 9 des témoins aussi authentiques qu*irréo prochables, qui nous démontrent l'existence passée o d'espèces colossales différentes de toutes les espèces « actuellement subsistantes...
« C'est à regret, ajoute-t-il avec émotion, c'est & « regret que je quitte ces précieux monuments de la « vieille nature, que ma propre vieillesse ne me laisse et pas le temps d'examiner... Ce travail sur les êtres qui <i ont disparu exigerait seul plus de temps qu'il ne m'en « reste à vivre, et je ne puis que le recommander à la « postérité... D'autres viendront après moi... »