‹ Chefs-d'œuvre littéraires de BuffonChapitre 28 sur 81 · Voyez les Lettres édifiantes, Recueil H, p · texte numérisé non relu

Voyez les Lettres édifiantes, Recueil H, p

2. Voyez les Voyages de Jean Struys. Rouen, 1710, 1. 1, p. 100.

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fiance, et surtout si le dernier fait est vrai ; il me paraît au moins exagéré et différent de ce qu'ont dit les autres voyageurs au sujet de ces hommes à queue, et même de ce qu'en ont dit Ptolomée, que j'ai cité ci- dessus, et Marc Paul, dans sa description géographique imprimée à Paris en 1556, où il rapporte que dans le royaume de Lambry il y a des hommes qui ont des queues de la longueur de la main , qui vivent dans les montagnes. Il paraît que Str^ys s'appuie de l'autorité de Marc Paul, comme Gemelli-Careri de celle de Ptolomée, et la queue qu'il dit avoir vue est fort différente, pour les dimensions, de celle que les autres voyageurs donnent aux noirs de Manille, aux habitants de Lambry, etc. L'éditeur des Mémoires de Plasmanasar sur rile de Formose ne parle point de ces hommes extraordinaires et si différents des autres; il dit même que, quoiqu'il fasse fort chaud dans cette île, les femmes y sont fort belles et fort blanches, surtout celles qui ne sont pas obligées de s'exposer aux ardeurs du soleil ; qu'elles ont un grand soin de se laver avec certaines eaux préparées pour se conserver le teint ; qu'elles ont le même soin de leurs dents, qu'elles tiennent blanches autant qu'elles le peuvent, au lieu que les Chinois et les Japonais les ont noires par l'usage du bétel ; que les hommes ne sont point de grande taille, mais qu'ils ont en grosseur ce qui leur manque en grandeur; qu'ils sont communément vigoureux, infatigables, bons soldats, fort adroits, etc. ^ Les voyageurs hollandais ne s'accordent point avec ceux que je «viens de citer, au sujet des habitants de Formose: Mandelslo, aussi bien que ceux dont les relations ont été

i. Voyez la Description de l'Ile Formose, dressée sur les Mémoires de George Plasmanasar, par le sieur N. F. D. B. R. Amsterd., 1705, p. 103 et suiv.

publiées dans le Recueil des Voyages qui ont servi à Véta-blmement de la Compagnie des Indes de Hollande ^ disent que ces insulaires sont fort grands et beaucoup plus hauts de taille que les Européens ; que la couleur de leur peau est entre le blanc et le noir, ou d'un brun tirant sur le noir ; qu'ils ont le corps velu ; que les femmes y sont de petite taille, mais qu'elles sont robustes, grasses et assez^ bien faites. La plupart des écrivains qui ont parlé de l'île Formose n'ont donc fait aucune mention de ces hommes à queue, et ils diffèrent beaucoup entre eux dans la description qu'ils donnent de la forme et des traits de ces insulaires ; mais ils semblent s'accorder sur un fait qui n'est peut-être pas moins extraordinaire que le premier : c'est que dans cette île il n'est pas permis aux femmes d'accoucher avant trente -cinq ans, quoiqu'il leur soit libre de se marier longtemps avant cet âge. Rechteren parle de cette coutume dans les termes suivants : « D'abord que les « femmes sont mariées, elles ne mettent point d'enfants « au monde; il faut au moins pour cela qu'elles aient u trente-cinq ou trente-sept ans; quand elles sont « grosses, leurs prêtresses vont leur fouler le ventre avec « les pieds s'il le faut, et les font avorter avec autant ou « plus de douleur qu'elles n'en souffriraient en accou-

« chant; ce serait non- seulement une honte, mais même « un gros péché de laisser venir un enfant avant l'âge « prescrit. J'en ai vu qui avaient déjà fait quinze ou seize « fois périr leur fruit, et qui étaient grosses pour la dix- « septième fois, lorsqu'il leur était permis de mettre un « enfant au monde ^ »

Les îles Mariannes ou des Larrons, qui sont, comme

1. Voyez les Voyages de Rechteren dans le Recueil des voyages de la Compagnie Hollandaise, t. V, p. 96.

Ton sait, les îles les plus éloignées du côté de rorient, et, pour ainsi dire, les dernières terres de notre hémisphère, sont peuplées d'hommes très-grossiers. Le père Gobien dit qu'avant l'arrivée des Européens ils n'avaient jamais vu de feu, que cet élément si nécessaire leur était entièrement inconnu, qu'ils ne furent jamais si surpris que quand ils en virent pour la première fois, lorsque Magellan descendit ^ans l'une de leurs îles; ils ont le teint basané, mais cependant moins brun et plus clair que celui des habitants des Philippines; ils sont plus forts et plus robustes que les Européens; leur taille est haute, et leur corps est bien proportionné; quoiqu'ils ne se nourrissent que de racines, de fruits et de poisson, ils ont tant d'embonpoint qu'ils en paraissent enflés, mais cet embonpoint ne les empêche pas d'être souples et agiles. Ils vivent longtemps, et ce n'est pas une chose extraordinaire que de voir chez eux des personnes âgées de cent ans, et cela sans avoir jamais été malades*. Gemelli-Careri dit que les habitants de ces îles sont tous d'une figure gigantesque, d'une grosse corpulence et d'une grande force; qu'ils peuvent aisément lever sur leurs épaules un poids de cinq cents livres*. Us ont pour la plupart les cheveux crépus^, le nez gros, de grands yeux et la couleur du visage comme les Indiens. Les habitants de Guan, l'une de ces îles, ont les cheveux noirs et longs*, les yeux ni trop gros ni trop petits, le nez grand, les lèvres grosses, les dents assez blanches, le visage long, l'air féroce ; ils sont très-robustes.et d'une taille fort avantageuse : on dit même qu'ils ont jusqu'à sept pieds de hauteur*.

i. Voyez V Histoire des fies Mariannes, par le père Charles le Gobien, i 700.

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