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réduire à deux principales, celle des Nègres et celle des Cafres ; dans la première je comprends les noirs de Nubie, du Sénégal, du cap Vert, de Gambie, de Sierra- Léona, de la côte des Dents, de la côte d'Or, de celle de Juda, de Bénin, de Gabon, de Lowango, de Congo, d'Angola et de Benguela jusqu'au cap Nègre; dans la seconde je mets les ^ peuples qui sont au delà du cap Nègre jusqu'à la pointe de l'Afrique, où ils prennent le nom de Hottentots^ et aussi tous les peuples de la côte orientale de l'Afrique, comme ceux de la terre de Natal, de Sofala, du Monomotapa,de Mozambique , de Mélinde ; les noirs de Madagascar et des îles voisines seront aussi des Cafres et non pas des Nègres. Ces deux espèces d'hommes noirs se ressemblent plus par la couleur que par les traits du visage: leurs cheveux, leur peau, l'odeur de leur corps, leurs mœurs et leur naturel sont aussi très-différents.
Ensuite en examinant en particulier les différents peuples qui composent chacune de ces races noh-es , nous y verrons autant de variétés que dans les races blanches , et nous y trouverons toutes les nuances du brun au noir, comme nous avons trouvé dans les races blanches toutes les nuances du brun au blanc.
Commençons donc par les pays qui sont au nord du Sénégal; et en suivant toutes les côtes de l'Afrique, considérons tous les différents peuples que les voyageurs ont reconnus , et desquels ils ont donné quelque description : d'abord il est certain que les naturels des îles Canaries ne sont pas des Nègres , puisque les voyageurs assurent que les anciens habitants de ces îles étaient bien faits , d'une belle taille, d'une forte complexion; que les femmes étaient belles et avaient les cheveux fort beaux et fort fins, et que ceux qui habitaient la partie méridionale de chacune de
ces lies étaient plus olivâtres que ceux qui demeuraient dans la partie septentrionale *. Duret, page 72 de la relation de son voyage à Lima , nous apprend que les anciens habitants de Tîle de Ténériffe étaient une nation robuste et de haute taille , mais maigre et basanée , que la plupart avaient le nez plat*. Ces peuples, comme Ton voit, n'ont rien de commun avec les Nègres, si ce n'est le nez plat; ceux qui habitent dans le continent de l'Afrique à la même hauteur de ces îles sont des Maures assez basanés, mais qui appartiennent, aussi bien que ces insulaires, à la race des blancs.
Les habitants du cap Blanc sont encore des Maures qui suivent la loi mahométane ; ils ne demeurent pas longtemps dans un même lieu; ils sont errants, comme les Arabes, de place en place, selon les pâturages qu'ils y trouvent pour leur bétail dont le lait leur sert de nourriture ; ils ont des chevaux, des chameaux, des bœufs, des chèvres, des moutons; ils commercent avec les Nègres, qui leur donnent huit ou dix esclaves pour un cheval , et deux ou trois pour un chameau ' ; c'est de ces Maures que nous tirons la gomme arabique , ils en font dissoudre dans le lait dont ils se nourrissent; ils ne mangent que très-rarement de la viande, et ils ne tuent guère leurs bestiaux que quand ils les voient près de mourir de vieillesse ou de maladie *.
Ces Maures s'étendent jusqu'à la rivière du Sénégal, qui les sépare d'avec les Nègres ; les Maures, comme nous
1. Voyez V Histoire de la première découverte des Canaries, par Bontier et Jean le Verrière. Paris, 1630, p. '251.
% Voyez V Histoire générale des voyages, par M. Tabbé Prévôt. Paris , 1746, t. Il, p. 230.
3. Voyez le Voyage du sieur Le Maire sous M. Dancourt. Paris, 1695, p. 46 et 47.