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Évang, nied,, p. 133, etc

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verrait- il clairement que la vertu appartient à l'homme sauvage plus qu'à l'homme civilisé , et que le vice n'a pris, naissance que dans la société.

Mais revenons à notre principal objet : si l'on n'a rencontré dans toute l'Amérique septentrionale que des sauvages, on a trouvé au Mexique et au Pérou des hommes civilisés, des peuples policés, soumis à des lois et gouvernés par des rois; ils avaient de l'industrie , des arts et une espèce de religion; ils habitaient dans des villes où l'ordre et la police étaient maintenus par l'autorité du souverain. Ces peuples, qui d'ailleurs étaient assez nombreux, ne peuvent pas être regardés comme des nations nouvelles ou des hommes provenus de quelques individus échappés des peuples de l'Europe ou de l'Asie, dont ils sontsi éloignés; d'ailleurs, si les sauvages de l'Amérique septentrionale ressemblent aux Tartares parce qu'ils sont situés sous la même latitude, ceux-ci qui sont , comme les Nègres, sous la zone torride, ne leur ressemblent point. Quelle est donc l'origine de ces peuples, et quelle est aussi la vraie cause de la différence de couleur dans les hommes, puisque celle de l'influence du climat se trouve ici tout à fait démentie?

Avant que de satisfaire, autant que je le pourrai , à ces questions, il faut continuer notre examen, et donner la description de ces hommes qui paraissent en effet si différents de ce qu'ils devraient être, si la distance du pôle était la cause principale de la variété qui se trouve dans l'espèce humaine; nous avons déjà donné celle des sauges du nord et des sauvages du Canada ^ ; ceux de la Flo-

i. Voyez à ce sujet les Voyages du baron dé La Hontan, La Haye, 170Î; la Relation de la Gaspésie, par le père le Clercq, récollet. Paris, 1094, p. 41 et 392; la Description de la Nouvelle France, par le père CharleToix. Paris, 1744, t. !«-, p. 16 et suivantes; t. UI, p. 24 ^ 302, 310, 323; les Lettres édifUtntes, Recueil XXIII, p. 203, 242; et le Voyage au pays des Hurons , par

ride, du Missîssipi et des autres parties méridionales du continent de TAmérique septentrionale sont plus basanés que ceux du Canada, sans cependant qu'on puisse dire' qu'ils soient bruns; l'huile et les couleurs dont ils se frottent le corps les font paraître plus olivâtres qu'ils ne le sont en effet. Coréal dit que les femmes de la Floride sont grandes , fortes et de couleur olivâtre comme les hommes ; qu'elles ont les bras , les jambes et le corps peints de plusieurs couleurs qui sont ineffaçables, parce qu elles ont été imprimées dans les chairs par le moyen de plusieurs piqftres , et que la couleur olivâtre des uns et des autres ne vient pas tant de l'ardeur du soleil que de certaines huiles dont , pour ainsi dire , ils se vernissent la peau ; il ajoute que ces femmes sont fort agiles , qu'elles passent à la nage de grandes rivières en tenant même leur enfant avec le bras, et qu'elles grimpent avec une pareille agilité sur les arbres les plus élevés ^ : tout cela leur est commun avec les femmes sauvages du Canada et des autres contrées de l'Amérique. L'auteur de Y Histoire naturelle et morale des Antilles dit que les Apalachites , peuples voisins de la Floride , sont des hommes d'une assez grande stature, de couleur olivâtre, et bien proportionnés, qu'ils ont tous les cheveux noirs et longs, et' il ajoute que les Caraïbes ou sauvages des îles Antilles sortent de ces sauvages de la Floride , et qu'ils se souviennent , même par tradition, du temps de leur migration '.

Gabriel Sabard Théodat, récoUet. Paris, 1032, p. 128 et 178; le Voyage de la Nouvelle France, par Dierville. Rouen, 1708, p. 122 Jusqu*à 191, et les Découvertee de M, de La Salle, publiées par M. le chevalier Tonti. Paris, 1697, p. 24, 58, etc.

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