‹ Chefs-d'œuvre oratoires de BossuetChapitre 16 sur 33 · EZECH., XXI · texte numérisé non relu

EZECH., XXI

» Tempus est ut incipiat judicium a domo Dei. (I. Petr., iv, 17.)

DE MARIE-THÉRÈSE d'aLTRICUE. 167

Dieu par vos larmes. Écoulez la pieuse reine qui parle plus haut que tous les prédicateurs. Écoutez-la, princes ; ccoutez-la, peuples; écoutez-la, Monseigneur, plus que tous les autres. Elle vous dit par ma bouche, et par une voix qui vous est connue, que la grandeur est un songe, la joie une erreur, la jeunesse une fleur qui tombe, et la santé un nom trompeur. Amassez donc les biens qu'on ne peut perdre. Prêtez l'oreille aux graves discours que saint Grégoire de Nazianze adressait aux princes et à la maison régnante. « Respectez, leur disait- « il^, votre pourpre, » respectez votre puissance qui vient de Dieu, et ne l'employez que pour le bien, ce Con- (( naissez ce qui vous a été confié, et le grand mystère « que Dieu accomplit en vous. IL se réserve à lui seul les (( choses d'en haut; il partage avec vous celles d'en bas : « montrez-vous dieux aux peuples soumis,)) en imitant la bonté et la munificence divine. C'est, Monseigneur, ce que vous demandent ces empressements de tous les peuples, ces perpétuels applaudissements, et tous ces regards qui vous suivent. Demandez à Dieu, avec Salomon ^ , la sagesse qui vous rendra digne de l'amour des peuples et du trône de vos ancêtres ; et quand vous songerez à vos devoirs, ne manquez pas de considérer à quoi vous obligent les immortelles actions de Louis le Grand et l'incomparable piété de Marie-Thérèse ^

» Jmperalores , piirpnram vereamini... Cognoscite quantum id sit, quod vestrœ fidei commissum est, quantumque circa vos mysterium... SuperasO" lius Deisunt; inferaautem,V€Straetiam sunt. Subdilis vestris deos vos prœbete. (Orat. xxvii, tom. 1, pag. 471.)

' Sap., IX, 4.

^ Louis XIV, au moment de la mort de Marie-Thérèse , en avait fait le plus grand éloge possible : Voilà, dit-il, le premier chagrin qu'elle m^ait donné. Le discours de Bossuet ne pouvait être que le développement de ce beau mot, qui renferme l'éloge le plus complet qu'un époux, et surtout un époux roi, puisse jamais faire de sa femme. Mais on sait que les

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vertus domestiques et modestes ne sont pas celles qui prêtent le plus à la grande éloquence, à celle qui s'adresse aux hommes assemblés. Dans tout ce qui prétend aux grands effets, il faut quelque chose qui se rapproche du dramatique, des désastres, des révolutions, des scènes, des contrastes : voilà ce qui sert le mieux le poète, l'orateur, l'historien ; il semble que l'homme aime mieux être ému que d'être instruit. L'éloge de la simple vertu ressemble à un beau portrait : quelque parfaite qu'en soit l'exécution, il frappera beaucoup moins qu'une physionomie passionnée dans un tableau d'histoire; et c'est encore là un de ces principes généraux par lesquels tous les arts se rapprochent les uns des autres. (L. H.)

PRINCESSE PALATINE

Prononcée en présence de monseigneur le Du:, de madame la Duchesse, et demonseigneur le duc de Bourbon, dans l'église desCaimclites du faubourg Saint-Jacques, le 9 août 1685

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