‹ Chefs-d'œuvre oratoires de Fléchier, Bourdaloue: Petit carême de MassillonChapitre 120 sur 121 · Mort da dtic de Berri, oncle du roi Loois XY · texte numérisé non relu

Mort da dtic de Berri, oncle du roi Loois XY

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empreint au dedans de lui les caractères ineffaçables de la mort, les cachait encore aux lumières de l'art, et aux vaines espérances d'une cour que Texcellence du tempérament rassurait encore. Hais enfin le secret de Dieu se déclare; la mort, cachée au dedans, laisse voir au dehors des signes toujours trop infaillibles qui Fannoncent: on ne peut plus la méconnaître; sa lenteur augmente encore les horreurs de Tappareil. Louis seul la voit d*un œil tranquille. Au milieu des sanglots de ses anciens et fidèles serviteurs, de la consternation des princes et des grands, des larmes de toute sa cour, Louis trouve dans la foi une paix , une« fermeté, une grandeur d'âme que le monde n'a pas encore donnée. « Pourquoi pleurez-vous, » dit-il à un des siens, que les larmes abondantes d'une douleur moins circonspecte lui font remarquer ; c aviez-vous cru que les rois étaient im- € mortels? »

Ce monarque, environné de tant de gloire, et qui voyait autour de lui tant d'objets si capables de réveiller ou ses désirs, ou sa tendresse, ne jette pas même un œil de regret sur la vie ; il ne lui reste pas même ces incertitudes qui montrent encore la vie au mourant, et qui mêlent du moins aux tristes saisissements de la crainte les douceurs de l'espérance. Il sait que son heure est venue , et qu'il n'y a plus de ressources ; et il conserve, dans le lit de sa douleur, cette majesté, cette sérénité, qu'on lui avait vue autrefois aux jours de ses prospérités sur son trône ; il règle les affaires de l'État, qui ne le regardent déjà plus, avec le même soin et la même tranquillité que s'il commençait seulement à régner : et la vue sûre et prochaine de la mort ne lui donne pas ce dégoût et cette horreur de penser à ce qu'on va quitter, qui est plutôt un désespoir secret de le perdre qu'une marque que l'on ne l'aime plus. Les sacrements des mourants n'ont pas autour de lui cet air sombre et lugubre qui d'ordinaire les accompagne ; ce sont des mystères de paix et de magnificence. Et ce n'est pas ici un de ces moments rapides et uniques où la vertu se rappelle tout entière, et trouve dans la courte durée de l'effroi du spectacle la ressource de sa fermeté; les jours vides et les uuits laborieuses se prolongent, et l'intrépidité de sa vertu semble croître et s'affermir sur les débris de son corps terrestre. Qu'on est grand, quand on l'est par la foi !

' La ¥ue fixe et assurée de la mort, soutenue durant plusieurs jours sans faiblesse, mais avec religion ; sans philosophie, mais avec une majestueuse fermeté; ne voulant exciter ni Fattendrissement, ni l'admiration des spectateurs; ne cherchant ni à les intéresser à sa perte par ses regrets, ni à s'attirer leurs éloges par sa constance ; plus graud mille fois que s*il eût affecté de le paraître. Accourez à ce spectacle, censeurs frivoles et étemels de sa vertu, et qui aviez traité peut-être sa piété de faiblesse , et voyez si la vanité toute seule ne se ferait pas honneur de tout ce que la grâce opère de grand en Louis dans ces derniers moments. Mais la vanité n'a jamais eu que le mascfue de la grandeur; c'est la grâce qui en a la vérité.

Il assemble autour de son lit, comme un autre David mourant, chargé d'années, de victoires et de vertus, les princes de son auguste sang et les grands de l'État. Avec quelle dignité soutient-il le spectacle de leur désolation et de leurs larmes ! Il leur rappelle, comme David, leurs anciens services : il leur recommande l'union, la bonne intelligence, si rares sous un prince enfant; les intérêts de la monarchie, dont ils sont Tomement et le plus ferme soutien ; il leur demande pour son fils Salomon et pour la faiblesse de son âge, le même zèle, la même fidélité qui les avait toujours si fort distingués sous son règne. Jamais il n'a paru plus véritablement roi : c'est qu'il l'était déjà dans le ciel; et que le règne du juste est encore plus grand et plus glorieux que celui des rois de la terre.

Enfin le jeune Salomon , l'auguste enfant est appelé. Louis offre au Dieu de ses ancêtres ce reste précieux de sa maison royale ; cet enfant sauvé du débris qui lui rappelle la perte encore récente de tant de princes, et que ses prières et sa piété ont sans doute conservé à la Frauce. Il demande pour lui à Dieu , comme David pour son fils Salomon, un cœur fidèle à sa loi, tendre pour ses peuples, zélé pour ses autels et pour la gloire de son nom : Salomoni guogue filio meo da cor perfectum , ut custodiat mandata tua*. Il lui laisse, pour dernières instructions, comme un héritage encore plus cher que sa couronne, les maximes de la piété et de la sagesse. < Mon fils, lui dit-il, vous

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