‹ Chefs-d'œuvre oratoires de Fléchier, Bourdaloue: Petit carême de MassillonChapitre 119 sur 121 · I. Adéldde de SaToiê · texte numérisé non relu

I. Adéldde de SaToiê

S. Le dac de Boargogne.

sonnée*; et si la cruelle mort se contente de menacer celui qui est encore attaché à la mamelle', ce reste précieux que Dieu voulait nous sauver de tant de pertes, ce n'est que pour finir cette triste et sanglante scène, par nous enlever le seul des trois princes' qui nous restait encore pour présider à son enfance , et le conduire ou raffermir sur le trône.

Au milieu des débris lugubres de son auguste maison, Louis demeure ferme dans la foi. Dieu souffle sa nombreuse postérité, et en un instant elle est effacée, comme les caractères tracés sur le sable. De tous les princes qui Fenvironnaient, et qui formaient comme la gloire et les rayons de sa couronne , il ne reste qu'une foiible étincelle , sur le point même alors de s'éteindre. Hais le fonds de sa foi ne peut être épuisé par ses mal* heurs: il espère, comme Abraham, que le seul enfant de la promesse ne périra point; il adore celui qui dispose des sceptres et des couronnes, et voit peut-être dans ces pertes domestiques la miséricorde qui expie et qui achève d'effacer du livre des justices du Seigneur ses anciennes passions étrangères.

Non, mes frères, la source du véritable héroïsme et de l'élévation des sentiments est dans la foi : le monde n'a jamais fait que de faux héros; et la mort, qui iious montre toujours tels que nous sommes, découvre enfin en eux, ou une faiblesse de timidité qui les déshonore, ou une ostentation de fermeté, encore plus faible et plus méprisable que leur frayeur, parce qu'elle est plus fausse.

Louis meurt en roi , en héros, en saint. Un soudain dépérissement ébranle d'abord les fondements , ce semble inaltérables, d'une santé que l'âge, les afflictions , et les soins laborieux d'un long règne, avaient jusque-là respectée. Il avait vécu au delà de Tâge de nos rois; et elle nous promettait encore une vie au delà du cours ordinaire de celle des autres hommes : il avait vu naître nos pères, et il semble que nous comptions que c'était à nos neveux à le voir mourir. Tout ce qui nous flatte nous parait toujours devoir être éternel.

Mais Dieu, dont le règne seul ne finit point, et qui avait déjà

I . Mort du duc de Bretagnei frère ^é de Louis XY, arriTée encore pea de jours après.

S. Le roi Loois XV fat alors à rextrémité.

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