‹ Chefs-d'œuvre oratoires de Fléchier, Bourdaloue: Petit carême de MassillonChapitre 13 sur 121 · A YilleneaTe^aiiiMi^oiges · texte numérisé non relu

A YilleneaTe^aiiiMi^oiges

DE M. TURENNB. 41

blique, pour relever les États de leur ruine, et réconcilier, quand sa justice est satisfaite, les peuples avec leurs souverains.

Son courage, qui n'agissait qu'avec peine dans les malheurs de sa patrie, sembla s'échauffer dans les guerres étrangères, et Ton vit redoubler sa valeur. N'entendez pas par ce mot , Messieurs, une hardiesse vainc, indiscrète, emportée, qui cherche le danger pour le danger même, qui s'expose sans fruit, et qui D*a pour but que la réputation et les vains applaudissements des hommes. Je parle d'une hardiesse sage et réglée, qui s'anime à la vue des ennemis; qui, dans le péril même, pourvoit à tout et prend tous ses avantages, mais qui se mesure avec ses forces ; qui entreprend les choses difficiles , et ne tente pas les impossibles; qui n'abandonne rien au hasard de ce qui peut être conduit par la vertu; capable enfin de tout oser quand le conseil est inutile, et prêt à mourir dans la victoire, ou à survivre à son malheur, en accomplissant ses devoirs.

J'avoue, Messieurs, que je succombe ici sous le poids de mon sujet. Ce grand nombre d'actions dont je dois parler m'embarrasse : je ne puis les décrire toutes , et je voudrais n'en omettre aucune. Que n'ai-je le secret de graver dans vos esprits un plan invisible et raccourci de la Flandre et de l'Allemagne! Je marquerais sans confusion dans vos pensées tout ce que fit ce grund capitaine, et vous dirais en abrégé, selon les lieux : Ici* il forçait des retranchements, et secourait une place assiégée; là il surprenait les ennemis , ou les battait en pleine campagne : ces villes', où vous voyez les lis arborés, ont été, ou défendues par sa vigilance, ou conquises par sa fermeté et son courage; ce lieu couvert d'un bois et d'une rivière, c'est le poste où il rassurait ses troupes effrayées après une honorable retraite ' : ici il sortait de ses lignes pour combattre , et d'un seul coup il prenait une ville et gagnait une bataille^; là, distribuant ce qui lui restait de son propre argent, il achevait un siège*, et il allait en faire lever un au même temps.

Je recueillerais ensuite tant de succès, et vqus ferais souvenir

Page 1