‹ Chefs-d'œuvre oratoires de Fléchier, Bourdaloue: Petit carême de MassillonChapitre 86 sur 121 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Sire,

La vérité, toujours odieuse aux grands, trouve encore aujourd'hui sur la terre les mêmes ennemis qui rattachèrent autrefois avec Jésus-Christ sur la croix; la jalousie la persécute, un lâche intérêt la sacrifie , rindifférence la méprise, et la tourne môme en risée.

Mais de toutes les passions que les hommes opposent à la vérité, la jalousie est la plus dangereuse, parce qu'elle est la plus incurable; c'est un vice qui mène à tout, parce qu'on se le déguise toujours à soi-même; c'est Fennemi étemel du mérite et de la vertu; tout ce que les hommes admirent Tenflamme et rirrite, il ne pardonne qu'au vice et à Tobscurité; il faut être indigne des regards publics pour mériter ses égards et son indulgence.

Si les prodiges de Jésus^hrist avaient moins éclaté dans la Judée, les princes des prêtres, moins éblouis de sa gloire, ne lui eussent pas disputé son innocence; et leur zèle jaloux ne l'aurait pas trouvé digne de mort, s'il ne l'eût été des louanges et des acclamations publiques : quid facimus^ quia hic homo multa signa facit ' ?

Telle est l'impression de haine et de jalousie que la grande renonmiée de Jésus-Christ fait sur le cœur des pontifes et des prêtres, des dépositaires de la loi et de la religion. Hais, hélas !

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